Le discours de Nicolas Sarkozy pour réformer la télévision publique

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Publié le 20 février 2008.

MEDIAS - «J’en ai marre qu’on donne l’exemple de la BBC, je veux que la télévision publique française soit un exemple dans le monde», a lancé le Président...

«J’en ai marre qu’on donne l’exemple de la BBC, je veux que la télévision publique française soit un exemple dans le monde», a lancé Nicolas Sarkozy en installant mardi la Commission pour la nouvelle télévision publique présidée par le patron des députés UMP Jean-François Copé. Une énième commission comme en témoigne la liste impressionnante de celles déjà mises en place.

La tâche de cette commission est «immense», a reconnu le chef de l’Etat. Depuis qu’il a annoncé la suppression de la publicité de France Télévisions, le chantier est ouvert pour trouver de quoi combler le manque à gagner des chaînes dépourvues de leurs revenus publicitaires. «Il n'y aura pas de privatisation des chaînes publiques, a rappelé Nicolas Sarkozy, et chaque euro sera compensé». Comment? C'est à la commission de le déterminer avant fin mai. Mais le Président est revenu sur quelques pistes: notamment l'idée que les chaînes privées - qui bénéficieront d'un afflux de revenus publicitaires - puissent y contribuer ainsi que les entreprises de télécommunications via une taxe d'1 ou 2% sur leur chiffre d'affaires. Les radios privées et la presse ne seront pas taxées.

Des «Thierry La Fronde du futur» au programme


Pour Nicolas Sarkozy, la suppression de la publicité de France Télévisions est un «moyen indispensable» pour mener cette réforme dont «la gauche a rêvé» mais que «mon gouvernement va faire». Mais d'après lui, la pub n'est pas tout, car «la clé, ce sont les contenus». Quels programmes faut-il développer? Quels seront «les Thierry La Fronde du futur» ose lâcher le Président qui insiste pour que la télévision soit «dangereuse», «ambitieuse» et prenne des «risques»?

Il faut «sonder les rêves des Français, étancher leur soifs de connaissances et d'émotions», demande le président à la commission présidée par Copé, et «s'adresser à tous les publics». Autrement dit, ne pas clôner Arte, sourit Nicolas Sarkozy, qui s'empresse d'ajouter que 2% de part d'audience pour un concert de musique classique, «c'est plus que le nombre de spectateurs que Schubert a réuni de son vivant.»

C'est le retour au fameux message informer/cultiver/distraire, la définition originelle du service télévisuel public. Et Nicolas Sarkozy d'ajouter dans son discours: «éveiller la conscience, exciter la curiosité, éveiller l'esprit.» Quelles émissions ont vocation à rester? Comment la télé publique va-t-elle tenir compte des nouvelles technologies et du fait que les jeunes regardent les programmes à la demande plutôt que devant la petite lucarne? Vaste programme pour la commission Copé.
AA
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