Tentateurs, tentatrices, on vous exploite, on vous spolie ! C'est, en substance, ce qu'a déclaré avant-hier un arrêt de la cour d'appel, qui a condamné la société Glem, filiale de TF1 et productrice de « L'île de la tentation », pour « travail dissimulé ». « Cet arrêt est fondamental, note Hayat Djabeur, une des avocates des plaignants. La justice reconnaît que lorsqu'on donne des ordres à un candidat, qu'on lui interdit d'appeler sa famille, qu'on lui fait rejouer des scènes, on est dans un rapport de travail. »
Une jurisprudence qui pourrait faire surchauffer la machine à procès. Des dossiers sont déjà parés aux lancements chez des avocats, et Hayat Djabeur reconnaît avoir été contactée « par plusieurs candidats, notamment de la "Star Academy" ». Après Glem, Endemol aurait-elle des sueurs juridiques à se faire ? A la boîte de production, on « n'est pas inquiet : nos émissions sont des jeux, régis par des règlements précis ». Une argumentation « qui ne suffit pas », selon Dany Cohen, avocat et professeur de droit : « Le juge peut parfaitement décider de la requalification en contrat de travail. »
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