Sortie du chapeau de Nicolas Sarkozy le 8 janvier, mais jamais explicitée, la fin annoncée de la pub sur les antennes publiques suscite interrogations (voir ci-contre) et commentaires. Dans ce contexte, la journée d'aujourd'hui fera date: les salariés de Radio France, RFI, France Télévisions et TV5 s'unissent pour une grève et un après-midi de manifestations, qui s'annoncent «très suivi».
A la maison, téléspectateurs et auditeurs en ressentiront directement les effets. D'abord sur les JT de France Télévisions, soit raccourcis, soit carrément annulés. « On attend une antenne très perturbée, admet la direction de France 3. Rien ne dit que nous serons dans la capacité de proposer les sections d'informations habituelles, ni celles des vingt-quatre antennes régionales, ni les rendez-vous nationaux comme le "Soir 3".» Les programmes en direct assurés seront ceux produits à l'extérieur, comme «C'est dans l'air », d'Yves Calvi, sur France 5, produit par Maximal, ou le prime time de Jean-Luc Delarue sur la maladie d'Alzheimer, produit par Réservoir et tourné à La Plaine-Saint-Denis. Quant aux «Victoires de la musique classique», prévues en direct de Toulouse sur la Trois et « assurées par des prestataires extérieurs, elles seront bien diffusées », informe la chaîne. Mais Marie Drucker, qui présente le rendez-vous, lira à l'antenne un message pour rappeler le contexte de la journée de mobilisation.
A la radio publique, c'est une autre histoire. De l'aveu du président de Radio France, Jean-Paul Cluzel, «même avec une poignée de grévistes aux endroits stratégiques - comme l'antenne -, des émissions s'arrêteraient». Dès hier, France Info a passé une brève dans sa matinale «histoire de prévenir les auditeurs d'éventuelles perturbations», explique le directeur de la rédaction, Patrick Roger. Mais comme dans tout le service public, difficile d'en connaître l'étendue avant ce matin. Ironie du sort: hier soir, la fiction de France 2 s'appelait «Voici venir l'orage».