VIDEO. Rap, humour absurde et blagues douteuses: Quand Christophe Barbier créé le malaise

MEDIAS Dans ses éditos ou en plateau, le journaliste joue avec le premier et le second degré, mais ne fait pas l'unanimité...

F.R.

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Le journaliste et éditorialiste Christophe Barbier.

Le journaliste et éditorialiste Christophe Barbier. — BALTEL/SIPA

Humoriste et éditorialiste, ce n’est pas le même métier. Et ça, Christophe Barbier ne semble pas l’avoir tout à fait compris. Le rap qu’il a imaginé cette semaine dans les colonnes de L’Express n’a pas vraiment produit l’effet escompté. Ce n’est pas la première fois cette année qu’il fait un bide avec ses blagounettes… et qu’il se retrouve ciblé par les critiques. Mais ça, ça fait partie du job d’éditorialiste.

  • « T’es pas dans le bad, t’es un killer »

On sent l’intention Nouveau journalisme mais ça tombe à plat. Dans L’Express paru ce mercredi, Christophe Barbier imagine le rap que Sibeth N’Diaye, chargée des relations presse à l’Elysée, aurait coécrit avec Ismaël Emelien, le conseiller spécial du président, pour remonter la cote de popularité d’Emmanuel Macron.

« Mister Prés, t’es en chute libre auprès des jeunes, ça sent le ground zero pour la rentrée. Pourtant, t’as un bon flow, t’as la bonne attitude, t’es pas dans le bad, t’es un killer. » Une prose que les internautes se sont donné à coeur joie de dézinguer. A juste titre : personne ne rappe comme ça. Nulle part. Jamais.

  • « Quatre semaines de vacances et on supprime aussi les RTT »

Le 28 juillet, également dans L’Express, Christophe Barbier, suggérait tranquilou de s’asseoir sur la cinquième semaine de congés payés pour le bien-être de l’économie française. « Quatre semaines de vacances et on supprime aussi les RTT. Je sais que je ne vais pas me faire beaucoup d’amis, mais je vous souhaite, quand même, de bonnes vacances. » Effectivement, sa proposition n’a pas nourri ses amitiés. Les internautes là encore ne se sont pas privés de railler ses vacances en Italie.

  • « En hommage à mes ancêtres touaregs »

En juin, alors que la France connaît des températures caniculaires, Christophe Barbier joue le jeu d’une vidéo pour L’Express dans laquelle il explique enfin pourquoi il ne se sépare jamais de son écharpe rouge. Question cruciale s’il en est.

« Si le port de l’écharpe devait être indexé sur la température, je la laisserais tomber dès le mois d’avril », raconte-t-il. Et d’avancer que, « dans le désert, les Touaregs se couvrent de laine lorsque la chaleur fait rage ». L’éditorialiste affirme sans ciller que c’est « en hommage à [ses] ancêtres touaregs qu’il continue à porter cette écharpe rouge pendant l’été. » Un certain sens de l’humour absurde qui n’a pas fait rire tout le monde – mais pour une fois, il n’était pas premier degré.

  • « Un jeune de banlieue au volant d’une grosse voiture… »

Le 15 avril, à une semaine du premier tour de la présidentielle, Christophe Barbier livre son analyse de la campagne menée par Emmanuel Macron. Sa démonstration prend une direction très gênante, quand il balance, sans plus de cérémonie : « Il y a dix ans quand on voyait un jeune de banlieue au volant d’une grosse voiture, c’était un dealer, maintenant c’est un chauffeur Uber. C’est quand même la modernité Macron. Et puis, il vous offre une bouteille d’eau, c’est sain. »

Une blagounette clairement douteuse [à partir de 21 minutes 35 dans la vidéo ci-dessus] qui ne fait rire personne autour de la table. Pas de réelle polémique, mais Christophe Conte réserve à Christophe Barbier un « billet dur » dans Les Inrocks. Un édito qu’il conclut ainsi : « Ton confrère Joseph Macé-Scaron est désormais payé pour muscler les discours de Fillon, si tu es sage, tu pourras prétendre sans même bouger ton cul de BFMTV à servir d’anabolisant à ceux de Le Pen. »

 

  • « Se confronter au terrain pollue l’esprit de l’éditorialiste »

En disant cela à des lecteurs du JDD, en avril, Christophe Barbier ne plaisante pas. Selon lui, il revient « aux reporters de rencontrer les gens », tandis que le rôle d’un éditorialiste « est de donner son opinion, d’affirmer ses certitudes, par essence improuvables. Afficher avec force ses convictions permet aux lecteurs de s’y frotter pour former les leurs. » Un point de vue qui ne fait pas l’unanimité. Dans un billet publié dans Le Dauphiné libéré, Gilles Debernardi tacle sa capacité à donner « un avis péremptoire » sur n’importe quel sujet et moque ce « vrai intellectuel [qui] s’applique à ne pas fréquenter les gens d’en bas. » Une phrase qui résume la manière dont bon nombre d’internautes l’ont comprise.