Allez, on se secoue ! Pour sortir le téléspectateur de sa torpeur, les émissions du matin ont des recettes aux oméga 3. A « Télématin », animée par William Leymergie depuis vingt-deux ans et leader impérial de la tranche ( 44 % de PDM en moyenne depuis septembre, soit 1,4 million de téléspectateurs), on est « précis, court et aimable ». Précis, pour ménager les neurones engourdis : « Le matin, on ne peut assimiler qu'une information à la fois ! » Court : « Le public n'a pas le temps. » Et aimable, parce qu'il le faut bien quand on s'invite dans la famille.
Et si le « Morning » de M6, qui vise une cible jeune (170 000 téléspectateurs en moyenne depuis septembre), se permet d'être plus remuant, l'autre émission du potron-minet cultive aussi la convivialité.
A la Matinale de Canal+ qui poursuit sa petite escalade d'audience (une pointe à 350 000 téléspectateurs vendredi), le style est « au sourire, avec la pêche ! » Selon Bruce Toussaint, présentateur : « On est une des premières voix que le public entend le matin, c'est un moment privilégié ». Avec en plus, la touche Canal+: « des infos sérieuses, mais avec des angles décalés ». Surtout, la matinale doit pouvoir « s'écouter autant que se regarder ». Car le grand rival ce n'est pas la chaîne d'en face, mais la radio d'à côté. « 'Télématin' est en concurrence directe avec les radios, même si l'émission crée en plus un attachement avec le spectateur », note Patricia Boutinard-Rouelle, directrice de l'unité magazines de France 2
Selon François Jost*, sociologue des médias, « La télé du 'day time' réussit quand elle ne rive pas le téléspectateur à l'écran... Mais le public reste mince. » Toutes chaînes confondues, la tranche 6 h 30-8 h 45 rassemble à peine 3,2 millions de personnes. Pas étonnant que la plupart des chaînes privilégient les soaps ou les dessins animés, bien moins chérots qu'une émission qui attirera moyennement les foules comme la pub ! La France n'est pas encore passée à l'heure américaine et au breakfast devant la télé tous feux allumés.