François-Régis Hutin
PDG de Ouest-France*.
Depuis 2006, Ouest-France est distribué dans les prisons bretonnes. Quel est le bilan de cette opération ?
2 500 exemplaires sont donnés chaque jour dans 4 000 cellules. Un journal permet aux détenus d'entretenir des relations entre eux, avec l'extérieur, et avec les surveillants. Contrairement à la télévision, un journal rétablit le dialogue.
D'où vient cette idée ?
Dès les années 1960, nous passions déjà des éditos contre la peine de mort. Après son abolition, nous avons continué à nous intéresser aux détenus. Et puis, il y a cinq ans, j'ai vu la cellule de la prison Jacques-Cartier de Rennes où la Gestapo avait enfermé mon père. Quand le directeur m'a dit « on me donne des hommes et je rends des loques », j'ai décidé de faire quelque chose.
Comment étendre ce projet ?
L'administration pénitentiaire est partante, mais une réticence existe chez les confrères. Il faut dire que cela a un coût, pour nous de 150 000 eur par an.