Audrey Pulvar réagit à l’absence de mobilisation contre le FN, un «cauchemar recommencé»

RESISTANCE La journaliste Audrey Pulvar, suspendue de la chaîne CNews pour avoir signé une pétition contre Marine Le Pen, s’est exprimée dans une tribune au « Monde »…

C.B.

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Audrey Pulvar

Audrey Pulvar — PJB / SIPA

  • Audrey Pulvar explique son engagement contre le Front national
  • La journaliste s’emporte contre le silence des médias et des personnalités politiques

« Hier le "détail de l’histoire", aujourd’hui la France "pas responsable de la rafle du Vél’ d’Hiv". » Dans une longue tribune au Monde, la journaliste Audrey Pulvar a expliqué en quoi son engagement contre le Front national était important à une époque où la présence de l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle ne semble plus révolter.

« Une léthargie nationale devant ce qui n’étonne ni ne heurte plus »

« 2017 ? Comme un cauchemar recommencé qui pourrait cette fois devenir réalité, écrit la journaliste. Au lendemain du premier tour, 40 % d’électeurs, voire plus, se disent prêts à porter l’extrême droite au pouvoir. Face à eux, l’abyssal silence de rues vides, la tentation d’une rageuse abstention. Mais, surtout, une léthargie nationale devant ce qui n’étonne ni ne heurte plus. Pourtant, le Front d’aujourd’hui, pour lissé qu’il fût ces quinze dernières années, n’a rien amendé de ses intrinsèques périls. »

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Dans sa longue lettre, la journaliste s’emporte contre le silence des médias et des personnalités politiques qui contribue, selon elle, à faire le jeu du Front national et pourrait permettre à Marine Le Pen d’accéder à la présidence de la République. Audrey Pulvar conclut en affirmant qu’il faut garder espoir et « résister ».

« Tous pourris ? Non. Des femmes et des hommes debout, avec une forme d’intégrité désenchantée, solitaires ou dans l’action collective, continuent de bâtir une autre vision de demain, quand le monde désintermédié d’aujourd’hui, celui où le sort d’économies entières peut se jouer sur un clic droit, nouvelle civilisation soumise à la transparence permanente et mondiale, enfle de menaces totalitaires. Comme eux, résistons à la férule de forces conservatrices en permanence tendues vers le rétrécissement des droits de tous et dans cette époque forcenée, demeurons verticaux. »