La liberté de la presse n'a «jamais» été «aussi menacée» dans le monde, alerte RSF

PRESSE Entre les attaques anti-médias, les fausses informations, la répression et le triomphe d'« hommes forts » comme Trump ou Erdogan, Reporters sans frontières s’inquiète d’un « risque de grand basculement »…

20 Minutes avec AFP

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Des journalistes grecs et étrangers devant le parlement à Athènes, en Grèce, illustration

Des journalistes grecs et étrangers devant le parlement à Athènes, en Grèce, illustration — ANGELOS TZORTZINIS / AFP

« Jamais la liberté de la presse n’a été aussi menacée ». Reporters sans frontières (RSF) tire la sonnette d’alarme dans son rapport 2017 publié ce mercredi. La liberté de la presse connaît une situation « difficile » ou « très grave » dans 72 pays (sur 180 recensés), dont la Chine, la Russie, l’Inde, presque tous les pays du Moyen-Orient, d’Asie centrale et d’Amérique centrale, ainsi que les deux tiers des pays d’Afrique.

Classement mondial 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières
Classement mondial 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières - Sébastien CASTERAN, Jean-Michel CORNU / AFP

Journalistes hués en France

La France, pour sa part, remonte de la 45e place (en 2016) à la 39e place, un effet mécanique après une année 2015 marquée par la tuerie de Charlie Hebdo. RSF y relève néanmoins un « climat violent et délétère », avec des attaques verbales contre « les médias menteurs » pendant la campagne présidentielle « où il devient normal d’insulter les journalistes, de les faire siffler et huer lors de meetings ».

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L’ONG dénonce aussi les pressions du groupe Vivendi de Vincent Bolloré sur ses médias, comme la « déprogrammation d’une enquête sur le Crédit Mutuel dirigé par l’un de ses amis », la suppression d’émissions (« Zapping » et « Spécial Investigation ») sur Canal + ainsi que le long conflit social à iTELE l’an dernier, à l’issue duquel une centaine de journalistes sont partis.

Surveillance et non respect du secret des sources font chuter des pays « vertueux »

La presse n’est libre que dans une cinquantaine de pays - en Amérique Nord, Europe, Australie et sud de l’Afrique - selon ce rapport. Attaques anti-médias, fausses informations, répression et triomphe d'« hommes forts » comme Trump ou Erdogan : RSF s’inquiète d’un « risque de grand basculement » de la situation de la liberté de la presse, « notamment dans les pays démocratiques importants ».

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« L’obsession de la surveillance et le non-respect du secret des sources contribuent à faire glisser vers le bas de nombreux pays considérés hier comme vertueux : les Etats-Unis (43e, -2 places), le Royaume-Uni (40e, -2), le Chili (33e, -2) ou encore la Nouvelle-Zélande (13e, -8) », selon l’ONG.

« L’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis et la campagne du Brexit au Royaume-Uni ont offert une caisse de résonance au + médias bashing + et aux fausses nouvelles », déplore RSF. Et « partout où le modèle de l’homme fort et autoritaire triomphe, la liberté de la presse recule ».

La Turquie, plus grande prison au monde pour les professionnels des médias 

Rétrogradent aussi la Pologne (54e), qui « étrangle financièrement » la presse indépendante d’opposition, la Hongrie (71e) de Viktor Orban et la Tanzanie (83e) de John Magufuli. En Turquie (155e, -4 places), le président Recep Tayyip Erdogan a « résolument basculé du côté des régimes autoritaires » pour devenir « la plus grande prison au monde pour les professionnels des médias », accuse RSF.

La Russie de Vladimir Poutine (148e) reste elle aussi ancrée dans le bas du classement. Comme l’an dernier, aux premières places figurent les pays scandinaves (Norvège, Suède, Finlande, Danemark) et aux dernières l’Erythrée et la Corée du Nord, où « écouter une radio basée à l’étranger peut conduire directement en camp de concentration ».

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