MipDrama: «Missions», une série SF française à la conquête de Mars et des spectateurs Terriens

MIPTV Présentée en avant-première ce dimanche lors du MipDrama Screenings à Cannes, la série sera diffusée en juin prochain sur OCS…

Clio Weickert

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Image extraite de la série «Missions».

Image extraite de la série «Missions». — Empreinte Digitale

De notre envoyée spéciale à Cannes,

L’histoire commença par un défi : cap ou pas cap de lancer une vraie série de science-fiction, et française qui plus est ? Quatre ans plus tard, prit son envol Missions, créée par Henri Debeurme, Ami Cohen et Julien Lacombe, produite par Empreinte Digitale et distribuée par AB International Distribution. Diffusée sur OCS à partir du 1er juin prochain, la série de 10 épisodes de 26 minutes a été présentée ce dimanche lors du MipDrama Screenings à Cannes, où elle a remporté le prix du jury des critiques TV (composé de trois journalistes, du Figaro, de Variety et du Telegraph) dans la catégorie « Full episodes ». Mélange de SF, d’aventure, et de mysticisme, la création française a tout pour être propulsée en orbite.

Objectif Mars 

Le pitch ? Jeanne (interprétée par Hélène Viviès), une jeune psy, se retrouve catapultée en pleine mission spatiale européenne, financée par un milliardaire philanthrope, direction Mars. Mais, à l’approche de la planète rouge, l’équipe, composée d’astronautes et de scientifiques, apprend qu’elle a été devancée par une autre mission spatiale, américaine cette fois.

Le hic ? Hormis une vidéo alarmante, cette dernière ne donne plus signe de vie, et la mission européenne décide alors de partir à sa recherche. Mais, une fois sur Mars, c’est Vladimir Komarov, le premier homme de l’histoire mort dans l’espace (en 1967 à bord de Soyouz), que la mission ramène à bord…

D’un point de vue esthétique, Missions n’a rien à envier aux productions américaines, et la série est plus proche d’un Prometheus (toutes proportions gardées) que du Futuroscope des années 1990. On n’a jamais mis les pieds ni dans une navette spatiale ni sur la planète rouge, mais on s’y croirait.
Côté narration, Julien Lacombe, le réalisateur, a voulu injecter tout son amour pour la science-fiction, la littérature d’Asimov notamment, mais aussi pour le cinéma de genre, de 2001, l’odyssée de l’espace à Interstellar, en passant par Alien. Sans oublier Lost, la série phénomène des années 2000. « On a essayé de reproduire cette même fascination pour la série, en faisant attention de ne pas ouvrir trop de portes afin de répondre à toutes les questions », a-t-il expliqué à 20 Minutes après la projection du premier épisode en première mondiale ce dimanche.

Objectif France

Qui dit mission spatiale dit navette, mais dit aussi espace et planète Mars… Donc un peu de moyens, si on veut s’épargner le carton-pâte. Eh bien, pas tant que ça. « On est bien loin des budgets des séries portées à l’écran par des grandes chaînes », répond le réalisateur. « On savait qu’on allait être limité niveau budget, mais les spectateurs ne doivent surtout pas ressentir ces limites. Et on ne veut pas se plaindre, cela nous a forcés à être imaginatifs. »

Mis à part les séquences de la planète Mars, réalisées au Maroc, Missions a été tournée en France : à La Rochelle pour le vaisseau spatial de 35 mètres, mais aussi près de Tours, dans les alentours de Chartres dans une carrière à ciel ouvert ou encore sur les flancs du mont Blanc. Un projet financé notamment par trois collectivités locales et le secteur « Nouvelles technologies en production » du CNC. « On a tendance à dire que les séries de genre ont plus de mal à être soutenues par les guichets traditionnels, mais les institutions audiovisuelles françaises l’ont fait, à quasiment la moitié du budget », précise Henri Debeurme, co-créateur et producteur. Et le pari semble plutôt réussi.

Objectif monde ?

Car la série « made in France » ne devrait pas avoir de mal à franchir les frontières de l’Hexagone. Par son thème, la conquête de Mars, l’entremêlement de missions spatiales, les origines multiples de ses personnages (on y parle français, anglais, italien ou russe), la série pourrait résonner à l’international. Un fort potentiel exportable, donc, même si à la base, les créateurs affirment ne pas l’avoir construit en tant que tel : « Nous voulions juste faire une série réaliste. S’il n’y avait eu que des Français, cela n’aurait pas été crédible du tout. » A Cannes, ils espèrent en tout cas profiter de cet atout pour attirer l’attention du marché audiovisuel mondial et, qui sait, conquérir la Terre grâce à Mars.

Reste également à conquérir le cœur des téléspectateurs, qui découvriront la série en juin sur OCS et, s’ils sont embarqués, poursuivront l’aventure pour une deuxième saison, déjà en cours de production.