MEDIAS - Les personnels du groupe Le Monde demande au directoire démissionnaire de repousser la date de son départ...
Au «Monde», toujours pas d’issue à la crise. Après que le directoire du groupe (composé de Pierre Jeantet, Eric Fottorino et Bruno Patino) a
présenté sa démission, le 19 décembre dernier, se jugeant dans l’incapacité «d’exercer ses responsabilités face aux prises de position publiques et réitérées de la Société des Rédacteurs du Monde», la situation est en «stand by».
Pour l’instant, point de plan d’économies pour redresser la barre (150 millions d’euros d’endettement pour le groupe, 5 millions d’euros de perte pour le seul quotidien en 2007) ni de précisions sur la recapitalisation évoquée par Pierre Jeantet, actuel président du directoire. Craignant qu’un administrateur judiciaire soit nommé, les sociétés de personnels – dont la SRM, ainsi que les sociétés des cadres, des employés et des personnels du Monde, et celle personnels des Publications de la Vie catholique – ont demandé au trio démissionnaire de repousser du 4 janvier au 20 février la date à laquelle cette démission doit prendre effet. Histoire de gagner du temps.
Un nouveau directoire?
«Le temps presse, la meilleure solution serait que les trois membres du directoire reviennent», juge Philippe Thureau-Dangin, patron de «Courrier International», l’un des magazines du groupe. «Les directeurs des filiales du groupe sont prêts à les aider, à travailler avec eux pour trouver des accords sur la gouvernance et la stratégie à tenir.»
Si le directoire actuel ne revient pas, qui pourrait prendre la relève? La plupart des interrogés jugent la question anticipée. Alain Genestar,
candidat éconduit pour prendre la tête du groupe il y a six mois, ne semble cette fois pas dans les starting-blocks. Philippe Thureau-Dangin, autre éconduit à ce poste avant l’été, répond: «la situation n’est plus la même qu’en juin, je ne suis pas sûr de vouloir être candidat.»
Pour Jean-Michel Dumay, président de la SRM, la priorité est de revenir au calme et d'éviter le pire pour «Le Monde»: finir au Tribunal de commerce.