Etes-vous plutôt Le Gorafi ou 20 Minutes ? Parce que, lors des derniers mois de la campagne américaine, les « fake news », les canulars et les parodies ont été plus partagés sur Facebook que les vraies actualités. Ce terrible constat fait par BuzzFeed trouve aujourd’hui un nouvel éclairage, avec l’interview, par le Washington Post, d’un maître du faux. A la tête d’un empire de dix sites de fausses infos, Paul Horner, 38 ans, avoue gagner 10 000 dollars (9 457 euros) par mois grâce au trafic sur le réseau social et au service Google AdSense. Lui se revendique du site de parodie The Onion, et écrit pour la blague. Il s’est ainsi fait passer, deux fois, pour l’artiste Banksy et a inventé un procès entre le service Yelp et la série South Park.

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« Franchement, les gens sont de plus en plus bêtes »

Mais, récemment, l’un de ses « articles », qui faisait croire que Barack Obama allait invalider le résultat de l’élection américaine, a été partagé 250 000 fois sur Facebook. L’info sur les manifestants anti-Trump payés 3 500 dollars (3 304 euros) pour mettre le bordel à ses meetings ? Fausse bien sûr, mais l’équipe du candidat et maintenant président républicain l’ont reprise. « Des rumeurs qui couraient, commente Paul Horner. C’était absurde alors j’ai voulu être cynique en écrivant ce papier. »

Bien qu’à l’origine du mal, il accuse d’emblée les lecteurs : « Franchement, les gens sont de plus en plus bêtes. Ils ne font que partager des trucs. Personne ne vérifie. C’est comme ça que Trump a été élu. Il a dit ce qu’il voulait, et les gens ont tout cru, et quand les choses qu’il a dites se sont révélées fausses, les gens s’en foutaient parce qu’ils l’avaient déjà accepté. C’est effrayant. Je n’ai jamais vu ça. »

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Les partisans de Trump n’arrêtaient pas de relayer

Sa plus grande surprise a été de voir que les soutiens de Trump continuaient de relayer n’importe quelle information, sans s’embêter avec sa véracité : « Je pensais qu’après avoir vérifié, ils auraient l’air bêtes. Ça a toujours fonctionné ainsi. Quelqu’un reprend ce que j’ai écrit, ils découvrent que c’est faux et ils ont l’air d’idiots. Mais les partisans de Trump… ils n’arrêtaient pas. » S’il assure détester le nouveau président, il avoue aussi, qu’a posteriori, il a plus aidé sa campagne qu’autre chose. Et que si Donald Trump est aujourd’hui à la Maison Blanche, c’est un peu de sa faute. Juste un peu.