Un pour tous, tous pour un. La réforme de l'audiovisuel extérieur voulue par Nicolas Sarkozy entend bien unifier une voix hexagonale pour le moins dissonante dans le concert médiatique des nations. Pour l'heure, elle ne porte pas bien loin, dispersée entre RFI, radio créée il y a trente ans, TV5 Monde, née en 1984, et France 24, arrivée il y a onze mois. Mais atteindre l'harmonie avec trois violons désaccordés sera difficile : les antennes veulent jouer des partitions de rapprochement différentes.
· Fusion Le mot qui fait peur : Christine Albanel, ministre de la communication, n'a-t-elle pas appelé à la « prudence » ? Et pourtant, la semaine dernière, RFI a rendu public un rapport, commandé en interne, qui a couché noir sur blanc un scénario de fusion de sa rédaction avec celle de France 24... en deux ans. Mais une telle option coûterait très cher financièrement et socialement. « Cela passerait d'abord par une fusion des bureaux internationaux et des sites Web », glisse Antoine Schwarz, PDG de RFI, avant de jurer que « cette feuille de route ne traduit pas forcément son point de vue ».
· Holding Antoine Schwarz plaide donc davantage pour « un rapprochement stratégique des structures, de type holding », un peu à la manière de France Télévisions. L'avantage d'un tel attelage, c'est qu'il permet de faire cohabiter des employés aux statuts différents.
· Portail Internet commun C'est ce que souhaite France 24 (lire ci-dessous l'interview d'Alain de Pouzilhac), qui répugne franchement à une fusion avec RFI pour cause de « cultures d'entreprise trop différentes ». Cette solution « light » permet d'intégrer TV5 Monde au dispositif. Car les actionnaires étrangers de cette chaîne, comme la Belgique ou le Canada, très remontés contre la fusion, ont d'ores et déjà tapé du poing sur la mappemonde... La piste de ce simple site Web commun a aussi été évoquée par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, à la fin de l'été. Un indice quant à la décision que prendra Nicolas Sarkozy à la fin de l'année ? Rien n'est moins sûr.