Pour l'ancienne numéro 2 de «L'Obs», son éviction est une «purge politique»

POLEMIQUE Elle assure que l'actionnariat du groupe est intervenu dans ce dossier...

C. A. avec AFP

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La crise couve à «L'Obs».

La crise couve à «L'Obs». — Obs

Aude Lancelin, ancienne numéro 2 de L’Obs, écartée en mai, estime son éviction résulte d’une « purge » politique.

« On est à un an d’une élection présidentielle, et il n’est pas admissible que des purges de cette nature puissent exister dans notre pays », a-t-elle déclaré au micro de  France Inter, jugeant son éviction « inédite ».

Une intervention de l’actionnariat ?

« Nous avons des preuves que l’actionnariat du groupe est intervenu dans cette affaire », a-t-elle assuré. Celle-ci « est réellement devenue pleinement politique à partir du moment où Claude Perdriel (actionnaire minoritaire à hauteur de 34 % et fondateur du journal) a donné des raisons politiques à mon éviction ».

« Il l’a fait en conseil de surveillance en affirmant que je transgressais la charte sociale-démocrate du journal. […]. Il a réitéré ses accusations auprès d’une journaliste du Figaro », a-t-elle détaillé.

Reconnaissant avoir « souhaité ouvrir la ligne de L’Obs » à des intellectuels issus de la gauche radicale, « au milieu de toutes sortes de sensibilités de la gauche », elle s’est interrogée « sur le degré de liberté d’expression » au sein du groupe.

Ses avocats ont annoncé fin mai qu’elle allait saisir les Prud’hommes.

Aucun motif politique, selon la direction

Mi-mai, une motion de défiance contre le directeur de la rédaction, Matthieu Croissandeau, a recueilli 80 % des voix chez les salariés du magazine, après sa décision de remplacer ses adjoints Aude Lancelin et Pascal Riché.

L’intersyndicale de l’hebdomadaire, ainsi qu’une quarantaine d’intellectuels et de personnalités du cinéma, ont ensuite demandé l’arrêt de la procédure de licenciement.

« Il n’y a aucun motif politique dans cette procédure, juste des raisons managériales », avait répondu Matthieu Croissandeau. « L’Obs a toujours été libre de travailler avec qui bon lui semble […]. Il ne prend ses ordres nulle part », avait-il affirmé.

« Visiblement Matthieu Croissandeau s’est rendu compte que j’avais des problèmes managériaux à 48 heures de l’envoi d’une lettre pour l’entretien préalable à licenciement. Je trouve que la ficelle est un petit peu grosse », s’est défendue Aude Lancelin sur France Inter.

 

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