MEDIAS - Un portage et encore davantage d'opacité...
Le dossier du journal «Les Echos», mis en vente, s’envenime encore. Alors que, ce jeudi matin, le journal assignait Pearson, son actionnaire actuel, et le groupe LVMH, son repreneur potentiel, pour demander la levée de la confidentialité sur la clause d'exclusivité signée entre les deux sociétés, il a découvert que «les accords qui lient Pearson et LVMH prévoient un portage», explique la société des journalistes.
Le portage? Un montage financier qui permettrait à Pearson d'avoir un acheteur sûr, quelles que soient les conditions posées par les organismes réglementaires. En effet, les autorités de la concurrence pourraient s'opposer à ce que LVMH détienne à la fois «Les Echos», numéro un de la presse économique, et «La Tribune», numéro deux, actuellement propriété du groupe de luxe. Si LVMH envisage de céder le second en cas de rachat du premier, elle a besoin d’un actionnaire provisoire le temps de l’opération financière. Calyon, filiale du Crédit agricole, pourrait être provisoirement cet actionnaire de référence pour le quotidien «Les Echos».
Bref, «ce ne serait donc pas LVMH qui se porterait acquéreur mais Calyon,
le Crédit agricole ou une autre banque», explique la SDJ des Echos, «stupéfaite» d’avoir appris cette information au cours de l’audience.
Leïla de Caumarmont, de la SDJ des Echos, s’inquiète: «Non seulement le processus est opaque, mais nous sommes dans l’incertitude sur l’identité de l’acheteur».
En attendant, le jugement a été mis en délibéré jusqu’au 28 septembre. Dans un communiqué, les organisations syndicales se déclarent en outre prêtes à
poursuivre leur action juridique au pénal.
AA