Capture d'écran d'un post Twitter montrant le dessin de «Charlie Hebdo» mettant en scène Aylan Kurdi.
Capture d'écran d'un post Twitter montrant le dessin de «Charlie Hebdo» mettant en scène Aylan Kurdi. - Twitter/Gilles Klein

Pour lui, le dessin est «inhumain et immoral». Le père d'Aylan Kurdi, le petit Syrien mort noyé alors que sa famille tentait de rejoindre l'Europe pour fuir la guerre, a pleuré en voyant la caricature de son fils dépeint à l'âge adulte comme un agresseur sexuel dans l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo.

«J'ai pleuré quand j'ai vu le dessin», a confié par téléphone à l'AFP Abdallah Kurdi, ajoutant que sa «famille est toujours en état de choc». Selon lui, le dessin de Charlie Hebdo est comparable aux actions des «criminels de guerre et terroristes» qui ont causé les milliers de morts et déplacés en Syrie et ailleurs.

«Tripoteur de fesses en Allemagne»

La photo d'Aylan Kurdi, trois ans, découvert noyé sur une plage turque, avait ému le monde entier et attiré l'attention internationale sur le drame des réfugiés qui risquent la périlleuse traversée en Méditerranée espérant atteindre l'Europe. Le frère d'Aylan, quatre ans, et sa mère, avaient également péri dans l'accident de leur embarcation.

Dans un dessin au milieu d'une double page, une caricature signée du patron de Charlie Hebdo, dépeint un pervers à la poursuite d'une femme, sous le titre «Que serait devenu le petit Aylan s'il avait grandi?». Et Riss d'ajouter: «Tripoteur de fesses en Allemagne», en référence aux agressions sexuelles au Nouvel an dans ce pays européen qui a accueilli le plus grand nombre de réfugiés syriens.

Le dessin a déclenché de vives critiques sur les réseaux sociaux, tandis que la reine de Jordanie avait publié, en guise de réponse, le dessin suivant:

 

نشرت جلالة الملكة رانيا العبدالله الكاريكاتير التالي ردا على ما نشرته صحيفة شارلي ابدو الفرنسية عن اللاجئ السوري الطفل إ...

Posté par Queen Rania sur vendredi 15 janvier 2016

 

A Paris, interrogé jeudi par l'AFP sur la controverse suscitée par son dessin, le journal n'a pas souhaité s'exprimer. Le dessinateur Luz avait en revanche répondu à la polémique en publiant une page intitulée «Le dessin satirique expliqué aux cons», adressée aux «millions de "nouveaux lecteurs" qui ont découvert Charlie en même temps que son humour après les attentats de janvier dernier.

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