Le numéro de juillet-août 2015 de Têtu.
Le numéro de juillet-août 2015 de Têtu. - Capture d'écran

Têtu va renaître de ses cendres. Alors qu’il a fait faillite en juillet, le magazine va réapparaître dans une version uniquement numérique mardi soir, a annoncé la start-up française iDyls qui a racheté le titre en novembre.

« Un regard neuf et curieux sur les questions LGBT »

La nouvelle équipe du site tetu.com veut en faire « un média collaboratif de genre masculin et d’orientation gay qui soit en mesure d’apporter un regard neuf et curieux sur les questions LGBT » (Lesbiennes, gays, bi et trans), a expliqué iDyls dans un communiqué.

Les cofondateurs de iDyls, Yannick Le Marre et Julien Maquaire, précisent que le site s’intéressera à l’information LGBT mais abordera aussi des sujets culturels ou de développement personnel (forme, psycho…).

Enrichi d’une « plateforme de services gays et gay-friendly à forte dimension locale et sociale »

Le magazine gay francophone de référence, qui a déposé le bilan cet été après vingt ans d’existence, était déficitaire depuis sa fondation, souffrant ces dernières années de la désaffection de son lectorat gay, parti vers les magazines généralistes. La start-up iDyls, composée de quatre personnes, était jusqu’ici en charge de « So Têtu », une application de rencontres et de sorties lancée par le magazine.

Le nouveau site s’enrichira début 2016 d’une « plateforme de services gays et gay-friendly à forte dimension locale et sociale » et pourrait déboucher sur un nouveau lancement en kiosque sous un format renouvelé si le projet est plébiscité, indiquent les repreneurs.

Un magazine déficitaire depuis de nombreuses années

Créé en juillet 1995 par des militants de la lutte anti-sida, Têtu avait vu sa diffusion baisser de 12,5 % depuis 2010, à 28.275 exemplaires par mois. Il avait été financé pendant 18 ans par son propriétaire et mécène, Pierre Bergé, qui avait épongé des pertes de plusieurs dizaines de millions d’euros, avant de le revendre pour un euro symbolique à Jean-Jacques Augier, un proche de François Hollande.

Le titre avait encore perdu deux millions d’euros en 2013 et 1,1 million en 2014, pour un chiffre d’affaires de 2,8 millions. Jean-Jacques Augier, propriétaire à 10 % d’iDyls à ses débuts, est sorti du capital de la start-up en octobre.

Mots-clés :