L'avocat de «Charlie Hebdo» ne veut pas de «Charpie Hebdo»

MEDIAS L'avocat de «Charlie Hebdo»  s'est opposé au lancement d'un titre pastiche, baptisé «Charpie Hebdo». «C'est la preuve que Charlie Hebdo veut fixer des limites à la liberté de la presse», réagit Julien Saint-Guillaume, qui voulait lancer le titre... 

20 Minutes avec AFP

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Des exemplaires du "numéro des survivants" de Charlie Hebdo, le 13 janvier 2015

Des exemplaires du "numéro des survivants" de Charlie Hebdo, le 13 janvier 2015 — Martin Bureau AFP

Charlie ne veut pas de Charpie Hebdo. L'avocat de l'hebdomadaire satirique Richard Malka s'est opposé par lettre recommandée au projet de lancement d'un titre pastiche baptisé Charpie Hebdo. 

«Mi-janvier, on a eu l'idée de faire un pastiche de Charlie Hebdo. On a prévenu les MLP (distributeur des titres de presse, ndlr) de notre projet puis le surlendemain on leur a dit qu'on ne le ferait pas finalement», a expliqué Julien Saint-Guillaume, directeur de la rédaction du Connard, un des deux titres édités par Sonora Média.

Dans un courrier recommandé daté du 30 janvier, Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo a enjoint Sonora Média de renoncer avant le 8 février à cette publication prévue, selon lui, le 11 février 2015, soit «quelques semaines après les attentats terroristes qui ont été perpétrés le 7 et 9 janvier derniers (...) et qui ont causé la mort de dix-sept personnes».

«Indécent» 

«Dans ce contexte, le titre Charpie Hebdo évoque évidemment de manière directe ces événements et les victimes, ce qui nous semble parfaitement indécent, étant précisé qu'il ne saurait revêtir un quelconque caractère humoristique, dépassant largement "les lois du genre" de l'humour satirique acceptable», argumente Me Malka.

Même si Charpie Hebdo n'est pas encore paru, la mise en demeure reste d'actualité, a-t-on laissé entendre de source proche du dossier.

«Il n'y a pas la satire acceptable et la satire pas acceptable»

«Il n'y a pas la satire acceptable et la satire pas acceptable. C'est la preuve que Charlie Hebdo veut fixer des limites à la liberté de la presse», a pour sa part déclaré Julien Saint-Guillaume qui dit utiliser le nom Charpie Hebdo pour désigner l'hebdomadaire depuis « au moins 5 ans » dans les deux titres de la maison d'éditions (Le Connard et Le Monte). «On y avait renoncé mais après le courrier de Malka, on va le faire un jour, bien sûr», a-t-il conclu, sans donner de date.