Un rassemblement de soutien au journal satirique «Charlie Hebdo» ce mercredi à Nice.
Un rassemblement de soutien au journal satirique «Charlie Hebdo» ce mercredi à Nice. - BEBERT BRUNO/SIPA

Dans ce moment où les mots paraissent si pauvres pour dire le choc que l’on ressent, à la suite de l’attentat perpétré contre Charlie Hebdo ce mercredi, qui a fait douze victimes, «JeSuisCharlie» est le hashtag le plus utilisé dans le monde sur Twitter. Un slogan, né spontanément sur le réseau social ce 7 janvier de la main d'un directeur artistique.

Un directeur artistique, à l’origine du slogan

L'auteur de la bannière a été identifié. Joachim Roncin, directeur artistique et journaliste musical pour le magazine Stylist, a créé et publié sur son compte Twitter ce logo sobre, «Je suis Charlie», trois mots en blanc et gris, sur fond noir, avec une police de caractère semblable à celle utilisé par le journal attaqué.

«Je n’avais pas beaucoup de mots pour exprimer toute ma peine et j’ai juste eu cette idée de faire "Je suis Charlie" parce que notamment, je lis beaucoup avec mon fils le livre Où est Charlie, ça m’est venu assez naturellement», raconte-t-il à l’AFP.

«Ce que je voulais dire, c’est que c’est comme si on m’avait touché moi, je me sens personnellement visé, ça me tue, quoi», a-t-il expliqué.

Un slogan qui fait écho dans l’histoire

Ce slogan fait écho à «Nous sommes tous Américains» lors des attentats du 11 septembre, aussi sûrement que John Kennedy se déclarait, en 1963 à Berlin, Berlinois. Ces trois mots «Je suis Charlie» sont apparus en ligne juste après l’annonce de l’attaque du siège de l’hebdomadaire satirique.

Le slogan fait le tour de la Toile

L'image a été reprise par l'hebdomadaire lui-même, dont le site Internet se résumait à ce slogan-choc, décliné en plusieurs langues, dont l'arabe. Le mot-dièse #JeSuisCharlie a fait immédiatement le tour de la Toile, devenant le mot-dièse le plus utilisé sur Twitter.

Joachim Roncin a répondu aux premières demandes de médias demandant à utiliser son logo, et rapidement a été débordé par les sollicitations. Il confie qu’il trouve «bizarre» d'être devenu «une sorte de représentant de l'effroi».

Plusieurs pages Facebook «Je suis Charlie» ont été créées. La principale page de soutien en France réunit ce jeudi près de 600.000 personnes.

De nombreux utilisateurs du réseau social de Mark Zuckerberg s'en sont également emparés pour en faire leur photo de profil, dont l'ambassade des Etats-Unis en France.

«En soutien aux victimes de cet attentat horrible et de l'atteinte à la liberté d'expression de la presse, je mets sur ma photo de profil Facebook jusqu’au 31 janvier "je suis Charlie"», appelle une autre page de soutien au journal satirique.

De L'Opéra de Paris à L’Express, de nombreux sites ont affiché ce logo. Le mot-clé était aussi utilisé par le monde politique. A commencer par le Premier ministre Manuel Valls qui a tweeté le logo «Je suis Charlie», accompagné du fameux hashtag.

Le slogan fait le tour du monde

Le mot d'ordre des internautes est rapidement descendu dans la rue: dès le début d'après-midi ce mercredi, une dizaine d'étudiants en journalisme brandissaient la phrase «Je suis Charlie» près du périmètre de sécurité entourant le siège de l'hebdomadaire, derrière une pancarte plus grande «Etudiants journalistes solidaires».

Le slogan est depuis sur toutes les lèvres, sur toutes les pancartes de rassemblements de solidarité à Paris, Lille, Toulouse, Grenoble, mais aussi à Berlin devant l'ambassade de France

Ce logo a été repris sur les panneaux d’affichages de certaines villes et sur la devanture de la mairie de Montréal.

Il a été repris à la une de certains journaux comme Libération.

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