Le couple a pu servir d'attrape-votes. Cette fois, il se transforme en casse-tête. Match publie cette semaine une photo de Ségolène, tout sourire, s'apprêtant à serrer la main de Hollande, son compagnon, à Lille. Gala déroule sur quatre pages une séquence Nescafé avec François et « Babette » Bayrou dans la cuisine familiale. Mais hormis ces clichés, les principaux candidats n'exhibent guère leur cher(e) et tendre dans les dernières foulées du marathon élyséen. Une première dans l'histoire politique ! Mitterrand, Chirac ou encore Jospin sont partis en campagne avec leur dame au bras. « Bernadette a rapporté des voix à son mari en 1995. Elle rassurait, se souvient Florence Muracciole, chef du service politique du Journal du Dimanche. Quand Chirac en a pris conscience, il a cessé de la mettre de côté. » Au-delà des situations conjugales compliquées des prétendants - Cécilia aurait à nouveau quitté le domicile ces derniers jours, selon une rumeur persistante -, le couple ne serait plus médiatiquement « bancable » ? « Les moeurs ont beaucoup évolué, assure François Jost, directeur du Centre d'études sur l'image et le son médiatiques. Le couple n'est plus obligatoire pour accéder à la présidence. » En outre, la peoplisation ayant son retour de bâton, les prétendants échaudés craindraient la douche froide. Car le couple, mal mis en scène, peut nuire à la santé médiatique du candidat : « Sylviane, la femme de Jospin, a sûrement fait une erreur en jouant les épouses dociles, estime Marie-Eve Malouines, coauteur de La Madone et le culbuto. Le côté bobonne, c'est dépassé. Les Français veulent que la femme du président soit autonome ! »Mais alors pourquoi Bayrou, le seul à aligner une femme et six enfants, n'a t-il pas joué la carte du duo ? « Parce qu'il n'a pas grand bénéfice à tirer d'une telle stratégie. Cela aurait renforcé ses électeurs dans leur conviction, mais ses détracteurs en auraient ri », note Thierry Vedel, auteur de Comment devient-on président ? Les stratégies des candidats. En Allemagne, Angela Merkel a été élue malgré l'absence de son mari, baptisé « le fantôme de l'Opéra ». Mais les Français sont-ils prêts à faire une croix sur la First Lady ou le First Gentleman de l'Elysée... ?