Tenir bon. Après quinze jours de terrain en moyenne, les grands reporters ont désormais deux pages de moins qu'il y a cinq ans pour témoigner dans Le Fig Mag ou Match. Soit quatre à six pages, et autant de revenus en moins. Pourtant, ils disent pouvoir encore exercer leur passion. Sous certaines conditions. Depuis deux ans, les rédactions les prient souvent d'intégrer une « entrée people ». Ainsi, en août 2006, VSD s'intéresse aux enfants de Manille... à l'occasion du voyage humanitaire d'Andrea Casiraghi, fils de Caroline de Monaco. A condition aussi d'accepter le travail en free-lance - Géo emploie dix-huit pigistes par numéro, et six reporters -, de partir moins longtemps - « une semaine au lieu de dix jours », selon Valérie Crova, l'une des cinq grands reporters à France Info - et d'être moins payé. « En six ans, le montant de la pige a chuté de 25 % », calcule Wilfrid Estève, photojournaliste qui collabore avec une vingtaine de titres, de Elle au Monde. Résultat, le coup dur ne pardonne pas. En 2003, une vente aux enchères a eu lieu à Paris en aide à Françoise Demulder, une célèbre photoreporter indépendante et lauréate du World Press 1977, sans ressources après un cancer.