Le plateau de LCI Matin.
 Le plateau de LCI Matin. - IBO OGRETMEN / SIPA

20 Minutes avec AFP

Après le refus du CSA de basculer LCI sur la TNT gratuite, l'avenir de la chaîne et de ses 250 salariés apparaissent incertains. Voici les scénarios possibles pour la chaîne info.

Un recours auprès du Conseil d’Etat

«Le seul recours possible, c'est une action devant le Conseil d'Etat pour contester la légalité de la décision», estime Olivier Cousi, associé chez le cabinet d'experts Gide, spécialiste en droit de l'audiovisuel.

Toutefois, le Conseil d'Etat s'applique à juger «la légalité de la décision, et pas l'opportunité de la décision»: «Il peut apprécier si le CSA a respecté précisément la totalité des prescriptions légales», précise-t-il.

La chaîne a deux mois pour déposer son recours, indique-t-on au Conseil d'Etat. Quant au délai de jugement, il est propre à chaque dossier mais il se situe autour des neuf mois. Les «douze à dix-huit mois» évoqués par Nonce Paolini, qui estimait qu'un recours «prendrait beaucoup de temps», sont donc envisageables.

Un réexamen par le CSA dans quelques mois

Lors de l'annonce de sa décision mardi, le CSA avait précisé qu' «une évolution plus favorable des conditions de marché pourrait justifier un réexamen à l'avenir». «Le CSA se place à un moment donné: le marché publicitaire, à la date à laquelle la décision est prise, est considéré comme n'allant pas bien, mais il ne dit pas que c'est le cas pour toujours», analyse Olivier Cousi.

«Il est susceptible d'être ressaisi et il dit "revenez me voir dans deux mois, dans six mois si vous estimez que les conditions économiques du marché ont changé"», continue-t-il.

Une reprise par les actionnaires du Monde

Peu après l'annonce du CSA, les propriétaires du groupe Le Monde ont confirmé leur intérêt pour la reprise de LCI. Une reprise qu'ils estimaient «complémentaire des activités du Monde et en cohérence avec la transformation en cours du groupe».

«Les actionnaires du Monde sont prêts à assurer la pérennité de LCI et à se porter garant de son indépendance», précisant vouloir prendre contact «dans les prochains jours» avec les actionnaires de LCI (groupe TF1) pour entamer des discussions, avait écrit dans un courriel Louis Dreyfus, au nom de Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse. Mais, selon Pierre Vantorre, délégué syndical CFTC à LCI, la chaîne «n'a reçu aucune offre: le PDG a dit qu'il n'y avait aucun commencement de négociation».

La fermeture de la chaîne…

Dès la décision tombée, le patron de TF1, Nonce Paolini, avait réaffirmé son intention de fermer la chaîne au 31 décembre, ce qu'il disait depuis septembre 2013.

«Lors d'une réunion informelle, le PDG de TF1 a confirmé qu'il souhaitait fermer la chaîne», a indiqué Philippe Vantorre, délégué CFDT à TF1. Un comité d'entreprise extraordinaire est prévu le 1er septembre: il pourrait s'agir «du point de départ d'un processus, peut-être d'un plan de sauvegarde pour l'emploi», selon le syndicaliste.

Mercredi, le président du CSA, Olivier Schrameck, avait dit souhaiter «vraiment que le groupe TF1 accepte de maintenir cette chaîne».

… avec une possible reprise de certains salariés par BFM TV et iTélé

Ces derniers jours, BFMTV et i-Télé avaient déclaré: «Sur la base de 103 journalistes (CDI) indiquée dans le rapport financier 2013 de LCI, nous proposons que nos groupes reprennent deux tiers des personnes concernées [en ouvrant] 33 postes chacun».

Une hypothèse qui menacerait les emplois précaires à BFMTV. Selon Céline Bruel, déléguée SNJ à BFMTV, les syndicats sont «inquiets» et «vigilants»: «Certains salariés en CDD n'ont pas été reconduits».

Le sort des salariés de BFMTV était dans tous les cas lié à la décision du CSA, explique Anabelle Roger, déléguée FO du groupe NextRadioTV. «La direction était déjà dans une logique de gel des embauches, dans la perspective du passage de LCI en gratuit», dit-elle.

Les recettes publicitaires de la chaîne d'infos BFMTV auraient été amputées de 10 millions d'euros (sur 70 millions en 2013), si LCI avait obtenu gain de cause, assure Alain Weill, patron de sa maison mère NextRadioTV.