Adieu unes trash et photos chocs ? Cette semaine, les salariés de Bon Week, l'hebdomadaire qui a révélé en décembre la liaison de Marie Drucker et François Baroin, vont recevoir leur lettre de licenciement. Le groupe Bauer arrête le titre, invoquant une cascade de procès. Voici, de son côté, « croule sous les procès à force de tirer sur tout ce qui bouge » et se serait donc adouci, selon Renaud Revel, journaliste à L'Express. Mais c'est la presse people qu'on assassine ! «Depuis trois ans, une judiciarisation accrue touche la presse, note Hedi Dahmani, rédacteur en chef de Voici. Les stars vont au tribunal, notamment à celui de Nanterre, réputé plus sévère, car elles sont sûres à 99% de gagner ! C'est devenu un business pour elles et leurs avocats, six fois plus nombreux en quinze ans.»
En 2006, dix unes de Voici ont été barrées d'une publication judiciaire, contre sept en 1997. L'an dernier, Hachette Filipacchi Médias (Ici Paris, Public) s'est vu coller 430 procès. Résultat, les rédactions tremblent. «On est devenu très prudent, sans pour autant s'autocensurer, note Stéphane Albouy, de Closer. Si on a trois scoops sensibles la même semaine, on en met un de côté, pour ne pas multiplier les assignations. Mais certains procès sont imprévisibles. Une actrice nous réclame 10.000 euros pour une photo prise sur un tapis rouge ! » Selon Frédérique Gras, avocat au barreau de Paris, « les hebdos people ont beau provisionner des comptes exprès, ils ne peuvent supporter plus de deux assignations par numéro.» Sous peine de faire faillite ? « Ils se plaignent, mais leur chiffre d'affaires reste supérieur aux dommages et intérêts qu'ils doivent verser ! », précise Léna Lutaud, auteur des Dessous de la presse people. A l'exception des trois gros procès de 2006, où les condamnations ont atteint 50.000 euros – Albert de Monaco et sa fille, le faux troisième bébé de Bruel et la relation entre Zidane et Nâdiya –, l'amende moyenne tourne, selon elle, autour de 5.000 euros . « Rien à voir avec la somme que Dior leur lâche souvent pour une double page de pub. » Les journaux ne prendraient donc pas de risque inconsidéré. L'abus de procès à Bon Week ne serait-elle alors qu'une habile excuse pour masquer des ventes (170.000 exemplaires) qui n'ont jamais vraiment décollé ?
Laure de Charette