La une du
La une du - DR

Joel Metreau

Des commentaires relativement durs par rapport à la fabrication de l’information. Sur Facebook et Twitter, des internautes cruels moquaient ce mardi, la une du Dauphiné Libéré consacrée au séisme qui a ébranlé la région Sud-Est cette nuit. Le visuel représentait une carte de la région, avec un épicentre du tremblement de terre désigné par une flèche et des cercles concentriques grossièrement dessinés.

«Vous allez sérieusement mettre ce dessin sous Paint d'un enfant de 8 ans en une?», s’interroge Pierrick Pelico Berto. De son côté, Youri Faja proposait ses services: «Besoin d'un infographiste compétent? Je suis pas le moins cher mais j'avoue que je ferais tout pour qu'une 1ere de couv ne sorte pas ainsi...» Pas besoin, Le Dauphiné Libéré possède des infographistes, mais ils étaient déjà partis.

«Des conditions extrêmes de bouclage»

«On est dans des conditions extrêmes de bouclage, explique Guy Abonnenc, rédacteur en chef adjoint au Dauphiné Libéré, contacté par 20 Minutes. C’est le plus mauvais des scénarios pour un quotidien papier.» A 21h28, la terre tremble dans le Sud-Est. Un séisme de magnitude 5,19 sur l'échelle de Richter, qui est ressenti jusqu’en Isère, où le siège du Dauphiné Libéré est situé (à Veurey-Voroize, précisément).

«A 21h35, on commence à comprendre ce qui se passe. Mais on est seulement à 25 minutes du bouclage», c'est-à-dire le moment où les fichiers sont expédiés chez l’imprimeur. Pas de retard possible, sans quoi le journal serait absent des kiosques le lendemain. De plus, comble de malchance, le quotidien régional, présent sur huit départements, fait imprimer en premier ses éditions les plus éloignées. Dont celles du Sud.

Une page entière consacrée au séisme

Du coup, un «bricolage» en une certes, mais aussi une page entière consacrée au séisme, et partie sous presse à 22h15, alors que l’Agence France Presse n'y consacre que sa première dépêche à 22h18. «C’est une performance, raconte Guy Abonnenc. En une demi-heure, on a réalisé une page entière, pendant qu’une de nos équipes allait à la rencontre des sismologues, et qu’une autre, à partir de Gap, se rendait sur les lieux de l’épicentre, à une heure de route ». Puis, en cours de nuit, la une a été modifiée. «Ce plus mauvais des scénarios» vécu par Le Dauphiné Libéré, c’est le cauchemar de toute la presse papier.