Racheter «Libération»? Le trio Bergé-Niel-Pigasse «avisera en cas d’accident»

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Publié le 20 mars 2014.

MEDIAS - Matthieu Pigasse a affirmé mercredi sur France Inter suivre «avec attention» le sort du quotidien…

Qui pour sauver Libération? Matthieu Pigasse a confié mercredi, au micro de France Inter, qu'il pourrait, avec Pierre Bergé et Xavier Niel, être intéressé.

«Nous suivons la situation de Libération avec attention. Mais Libé a des actionnaires qui ont un projet, nous n'avons pas été sollicités. Si accident il y a, ce qui peut vouloir dire un dépôt de bilan, à ce moment-là nous aviserons et nous verrons», a-t-il dit. «On ne peut pas aimer la presse et rester indifférent au sort de Libération». En cas de proposition de rachat, «nous le ferions ensemble» avec Pierre Bergé et Xavier Niel, a-t-il poursuivi, avertissant que pour le moment «cette situation n'existe pas».

Acquérir «Libération» en plus du «Monde», un choix «cohérent»

Il a cependant évoqué les raisons qui pourraient les pousser à se porter acquéreurs de Libération. En ce cas «nous considèrerions qu'il y a une cohérence avec ce journal ou d'autres et le groupe que nous sommes en train de constituer, et qu'il existerait des complémentarités entre les différents supports, entre matin et soir (Libération paraît le matin, Le Monde l'après-midi, ndlr), entre papier et internet, entre numérique et mobile. Mais ce n'est pas une situation sur laquelle nous sommes actifs. nous sommes en train de boucler l'acquisition du Nouvel Obs, c'est notre priorité», a-t-il conclu.

«Il y a un avenir de l'écrit. Je ne crois pas à la fatalité de la disparition de la presse», a poursuivi Matthieu Pigasse, qui détient aussi le magazine Les Inrockuptibles.

«Ce n'est pas un mécénat»

«Nous ne constituons pas un Groupe Hersant de gauche. On cherche à créer un ensemble cohérent avec une identité propre autour du groupe Le Monde et avec le Nouvel Observateur, mais en aucun cas d'interférer avec leur contenu éditorial. La ligne politique n'est pas définie pas nous, elle est inhérente aux journaux. Chaque journal a sa culture».

«L'objectif n'est pas de gagner de l'argent, mais pas non plus d'en perdre, ce n'est pas un mécénat. C'est un engagement militant au service du pluralisme et de la liberté d'expression», a-t-il ajouté. Matthieu Pigasse, associé de la banque Lazard, avait oeuvré en coulisses pour la vente de Libération à Edouard de Rothschild en 2005

A.L. avec AFP
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