Le procureur d’Annecy envisage des poursuites contre BFMTV qui a diffusé des images des meurtres de Chevaline

MEDIAS Selon le procureur Eric Maillaud, ces images ont «profondément choqué» les familles de victimes…

Benjamin Chapon

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La police britannique a indiqué mercredi que "les preuves étaient insuffisantes" pour poursuivre le frère de l'une des victimes du quadruple meurtre de Chevaline dans les Alpes françaises en septembre 2012, une affaire toujours non élucidée.

La police britannique a indiqué mercredi que "les preuves étaient insuffisantes" pour poursuivre le frère de l'une des victimes du quadruple meurtre de Chevaline dans les Alpes françaises en septembre 2012, une affaire toujours non élucidée. — AFP

BFMTV l’avait annoncé «en exclusivité» plusieurs heures auparavant, comme un argument commercial. La chaîne d’info en continu a diffusé mardi des images de la scène de crime de Chevaline et du corps du cycliste tué.

Convoquant une conférence de presse, le procureur d’Annecy a estimé que la diffusion de ces images avait «profondément choqué» les familles de victimes.

Des corps aux visages floutés


«La diffusion par un média télévisé d'un certain nombre d'images manifestement issues de l'enquête, ça me met en colère, ça nous met en colère, ça nous rend tristes, a déclaré mercredi après-midi lors d'une conférence de presse le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud, qui «envisage des poursuites.»

 

 

«Ca a profondément choqué les membres des familles des victimes, notamment cette photo où l'on voit le corps du cycliste allongé certes le visage flouté, où l'on devine à travers le pare-brise le corps de Saad al-Hilli.»

Déontologie et lignes rouges


La diffusion des ces images a également fait largement réagir sur les réseaux sociaux dès mardi soir.

 

 

«Nous sommes dans notre rôle de journalistes, s’est défendu Dominique Rizet, journaliste de BFMTV. Ces photos ne mettent pas en péril l'enquête.»

«Je crois que le mot déontologie existe toujours dans le dictionnaire, s’était emporté le procureur. Il y a à mon sens des lignes rouges à ne pas dépasser. Ce sera, en temps utile, une enquête et l'étude de la possibilité de poursuites pénales.»