Patrice Gélinet, membre du CSA: «La langue française n’est pas si menacée»

MEDIAS Patrice Gélinet, membre du CSA, président de la mission langue française et francophonie, a expliqué à «20 Minutes» l’objectif du colloque sur l’avenir de la langue française dans les médias audiovisuels…

Anne Demoulin

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Patrice Gélinet, membre du CSA, président de la mission langue française et francophonie.

Patrice Gélinet, membre du CSA, président de la mission langue française et francophonie. — KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Le CSA organise ce lundi 9 décembre au collège de France un colloque intitulé «Quel avenir pour la langue française dans les médias audiovisuels?», qui  va rassembler de nombreux acteurs de l’audiovisuel et des spécialistes de la langue française. Patrice Gélinet, membre du CSA, président de la mission langue française et francophonie, a expliqué à 20 Minutes l’objectif de cette manifestation, la première du genre.

Pourquoi le CSA a-t-il décidé d’organiser ce colloque?

Le CSA a pour rôle de «veiller à la défense et à l’illustration de la langue française» dans les médias audiovisuels. La télévision et la radio jouent un  rôle important dans l’apprentissage de la langue, parfois plus que l’école… Cette question est donc importante. A la télévision et à la radio, les journalistes et animateurs ne parlent pas trop mal le français. Ce sont souvent les invités qui s’expriment mal. La mission langue française et francophonie reçoit surtout des courriers se plaignant de l’usage excessif des anglicismes.

De quoi va-t-on parler?

La première partie du colloque sera consacrée à la langue française dans la francophonie. Les radios et télévisions québécoises, France 24, TV5 Monde et RFI ont une grosse audience dans le monde. La seconde fera un état des lieux du traitement de la langue française dans les médias audiovisuels et se demandera comment le CSA peut jouer un rôle dans tout cela.  

Et vous avez des pistes?

On dit souvent que le CSA est un gendarme, il l’est moins souvent qu’on ne le dit. J’aimerais que le colloque aboutisse à la rédaction d’une charte commune sur le bon usage du français. Je ne crois pas beaucoup à la posture défensive par rapport à la langue, comme disait Napoléon, «celui qui reste dans ses fortifications est déjà battu». La langue française n’est pas si menacée que cela, ma volonté est surtout de promouvoir cette dernière, de faire en sorte que les Français aient envie de la pratiquer. Je ne suis pas contre tout usage des mots d’origine anglo-saxonne. Prenez «football» par exemple, il ne me viendrait pas à l’idée d’imposer «balle au pied».

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