L'hebdomadaire de droite «Valeurs actuelles».
L'hebdomadaire de droite «Valeurs actuelles». - A. Gelebart / 20 Minutes

Charlotte Murat

Pour ses détracteurs, il incarne une image «antirépublicaine». Pour ses lecteurs, il est «le seul journal vraiment de droite». Rarement on aura autant parlé de Valeurs actuelles, hebdomadaire qui a récemment créé la polémique avec sa une titrant «Roms, l’overdose». Auparavant, il y avait eu «L’Etat tyran», «L’Incapable»….

Clairement affiché comme journal d’opposition, le magazine a intérêt à «marquer une identité davantage liée à l’opinion», note Jean-Marie Charon, sociologue des médias et chercheur au CNRS. La nouvelle maquette veut le faire passer d’une diffusion de 85.000 exemplaires en 2012 à 100.000 exemplaires chaque semaine en 2013. Voilà pour la forme.

«La stratégie du quatrième news»

Pour le fond, l’hebdo conservateur mise sur les mouvements anti-mariage pour tous, les jeunes de la droite «décomplexée». Une stratégie qui rappelle le groupe Hersant au début des années 1980, lors de l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir: «Tandis que les éditoriaux du Figaro attaquaient directement le pouvoir, Le Figaro Magazine, sous l’impulsion de Louis Pauwels, alimentait le courant de la Nouvelle Droite», note Jean-Marie Charon. Pour le sociologue, «les trois grands hebdomadaires généralistes français ont une position assez centriste. On peut donc se demander si Valeurs actuelles n’adopte pas la stratégie du quatrième news.» En voulant se démarquer par un traitement radical de l’information, un peu à la manière de Marianne sous l’ère Sarkozy.

Gratifié de l’étoile d’or de la meilleure progression des newsmagazines par l’OJD en mars, il a vu ses ventes grimper de 12,9%. «Mais il est difficile de savoir si cela sera payant sur le long terme, explique Jean-Marie Charon. Car si la position éditoriale de Valeurs actuelles crée de la dynamique au sein de la droite, son positionnement est clivant. Et les annonceurs restent concentrés sur les deux leaders du marché des newsmags...»

Des origines économiques

Ultra-libéral, l’hebdomadaire fondé par 1966 par Raymond Bourgine fut d’abord une revue d’information boursière. Il a, depuis quarante-cinq ans, petit à petit laissé tomber sa dominante économique pour se concentrer sur la politique et les sujets de société. Il appartient au groupe Valmonde et est dirigé par Yves de Kerdrel.