Joffrin «peu convaincu et peu convaincant»

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Publié le 17 novembre 2006.

Ambiance détendue mais peu enthousiaste lors du «grand oral» de Joffrin devant les salariés du quotidien

Dans la salle du «Hublot» au 8e étage de Libération, Laurent Joffrin a présenté en fin de matinée son projet aux salariés du quotidien.

Joffrin, ancien directeur de la rédaction de Libé entre 1996 et 1999, avait démissionné lundi de la direction de «L'Obs» et s’était proposé pour prendre la direction de Libé. Proche de l’actionnaire de référence Edouard de Rothschild et de l'actuelle direction de la rédaction, Joffrin, généralement bon orateur, devait convaincre une rédaction divisée sur son arrivée.

Au cœur de son projet, le traitement de l'actualité, car c'est ça qui «est important dans un journal, mais avec de la plus value tous les jours», a-t-il dit. «Libération doit porter la révolte de la société», a ajouté Joffrin, qui veut faire du quotidien un journal engagé, avec un site web réactif.

Ambiance détendue
La discussion, qui devait débuter à 11h30, s’est déroulée dans une ambiance détendue. Un certain nombre de salariés ont en effet trouvé "cavalière" sa décision d'annoncer sa candidature à seulement quelques heures du CA lundi. Son nom était déjà associé depuis plusieurs mois à celui de Rothschild mais le journaliste de l’Obs avait démenti à plusieurs reprises être intéressé par le poste. A la fin de la réunion, les journalistes sont sortis dubitatifs sur la marge de manœuvre dont dispose Joffrin pour faire diminuer les 90 suppressions d'emplois sur 280 salariés envisagées par l’actionnaire.

Vote des salariés vendredi, CA lundi
Certains ont ainsi trouvé Joffrin «bon sur la partie journalisme» mais «très vague sur la partie économique et le financement de son projet, les licenciements, etc». D’autres sont effondrés par l’absence de renouveau et la mollesse des propositions. « Laurent Joffrin n’a pas été convaincant ni convaincu. Peut-être parce qu’il a pris conscience de la gravité de la crise morale qui secoue Libération. » Et d’ajouter « Ce n’est sans doute pas l’homme de la situation. »

Vendredi, un vote de «principe» sera notamment organisé sur l'arrivée de Laurent Joffrin et le plan social, avant un conseil d’administration prévu lundi prochain et qualifié de «décisionnel». De source interne, on indique que la direction de la rédaction ferait tout pour éviter la tenue de ce vote, « où le non risquerait de l’emporter ».

C. F.
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