«Libération»: «Nicolas Demorand ne sait pas comment animer une équipe»

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Publié le 19 avril 2013.

MEDIAS - Le Conseil de surveillance du quotidien a annoncé mercredi une nouvelle organisation du journal en juillet. Certains journalistes veulent croire à une «sortie de crise»...

Défiance, tension, contestation… Ce sont les mots les plus utilisés par la presse pour évoquer le climat qui règne au sein du quotidien Libération depuis l’arrivée de Nicolas Demorand à la tête du journal en mars 2011. Mais cela pourrait peut-être changer dans quelques mois: une nouvelle organisation du quotidien sera mise en place d'ici juillet. C’est le Conseil de surveillance de la société éditrice du quotidien, réuni mercredi, qui l’a annoncé. 

Une annonce venue en réponse à la crise de confiance dénoncée par la Société des personnels de Libération (SCPL). Elle demandait la stricte application des statuts prévoyant que le président du directoire ne cumule pas ces fonctions avec celles de directeur de la rédaction, ce qui est le cas aujourd'hui avec Nicolas Demorand.  Cette réorganisation pourrait provoquer l’éloignement de l’ancien matinalier de France Inter de la direction de la rédaction. «On est en sortie de crise. Le climat s’est apaisé depuis mercredi», se réjouit ce jeudi un journaliste du quotidien, «confiant», même s’il affirme ne pas savoir comment les choses vont réellement se dérouler d’ici l’été. «Nicolas Demorand a dit qu’il avait entendu l’équipe. C’est perçu comme un geste d’apaisement», ajoute-t-il. De son côté, Téléréma, qui relaie l’information concernant cette nouvelle organisation, préfère rester sceptique pour le moment. L'hebdomadaire a raison, car Nicolas Demorand vient de faire une mise au point ce jeudi: il compte bien conserver ses deux casquettes.

Pourquoi Demorand est aussi contesté depuis sa prise de fonction

La greffe Demorand n’a jamais pris chez Libération. Trois mois à peine  après sa prise de fonction, il a dû affronter son premier mouvement de contestation au sein de la rédaction. Une motion de défiance, soumise au vote à bulletin secret, est passée à 78%. Les journalistes lui reprochent rapidement son manque de communication, son refus de titulariser des CDD, ou encore l’embauche d’un proche, Jonathan Bouchet-Petersen. Moins d’un an après, rebelote avec une deuxième motion de défiance. La Société du personnel du quotidien, qui affirmait ne plus se reconnaître dans le journal,  évoquait à ce moment-là «un grand malaise».  «L'attitude autoritaire et arrogante de la direction» avait également été soulignée. Globalement, la personnalité de Nicolas Demorand ne plaît pas à la rédaction. «Il y a un déficit de management, affirme à 20 Minutes un journaliste de Libération. Nicolas Demorand ne sait pas du tout faire ce boulot-là. Il ne sait pas comment animer une équipe.» Et encore moins «aller vers les gens», ajoute-t-il. «Sa première erreur? Faire venir son pote au journal. Ils se sont un peu enfermés tous les deux. Il a fini par s’isoler.»

Selon ce journaliste, cela a eu «des effets» sur le journal, au-delà du «côté délétère qui s’est installé». Un de ses collègues, contacté par 20 Minutes, souligne quant à lui que le projet de Nicolas Demorand est «très flou»: «On ne sait pas où il veut aller. On est pris par le quotidien qui implique de faire un journal tous les jours avec une équipe réduite. On ne prend pas le temps de se poser pour se demander quel journal on veut faire et quel journal on a les moyens de faire.»  

«Quelqu’un qui a beaucoup de mal à reconnaître ses erreurs» 

Ce journaliste déplore aussi le fait que la rédaction soit «peu au courant de ce qui se passe» au journal. «Nicolas Demorand exerce ses fonctions de manière solitaire et est peu présent à la rédaction.» Il nous explique qu’au moment où Libération était dans l’embarras après sa une décriée sur une rumeur accablant Laurent Fabius, «Demorand n’était pas là le matin au comité de rédaction.» C’est à ce moment-là qu’est fait le «débrief» du journal de la veille. «Il est resté droit dans ses bottes 48 heures. Il a fini par reconnaître sa bêtise dans un billet», poursuit le journaliste de Libé avant d’ajouter un peu plus tard, agacé: «C’est quelqu’un qui a beaucoup de mal à reconnaître ses erreurs. Il a toujours tout compris avant tout le monde.» 

La une sur Fabius «a beaucoup fragilisé Demorand», renchérit notre première source. «Il y a eu un effet cumulatif. On avait le pressentiment que ça allait péter. Après la une sur Marcela Iacub et celle-là, c’est ce qui s’est passé», assure le journaliste. Cette dernière erreur aurait selon lui conduit directement à l’annonce de la réorganisation du quotidien d’ici l’été. «Après cette une, Nicolas Demorand ne pouvait plus maîtriser la grogne.»

Anaëlle Grondin
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