La nageuse française, Laure Manaudou lors d'un entraînement au Cercle des nageurs de Marseille, le 10 septembre 2011.
La nageuse française, Laure Manaudou lors d'un entraînement au Cercle des nageurs de Marseille, le 10 septembre 2011. - K.Villalonga/Sipa

Alice Coffin

«Splash, le grand plongeon», diffusé vendredi soir sur TF1,  aurait pu s’appeler «Plonge avec les stars».  S’il est plus nettement explicite dans le titre qu’une autre émission de TF1, «Danse avec les stars», le concept reste ici le même: mettre les célébrités en scène. Un type de programme de plus en plus prisé par la télévision française.

Des chutes et des plats

Dans «Splash», Eve Angeli, Daniele Evenou, Jackson Richardson, Laury Thiellman, Christophe Beaugrand ou Nadège de «Secret Story» de réaliser des plongeons d’un sautoir situé à dix mètres de haut. L’émission a triomphé aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne. En France, M6 était aussi sur le coup d’un programme similaire produit par Alexia Laroche Joubert. «Nous, on avait un meilleur casting», confie la productrice, des stars plus hype». «On critique toujours le casting de ces émissions, s’amuse Bertrand de Villegas de l’institut de veille médiatique The Wit. Ce n’est pas le problème que ce soit des gens très connus ou pas. Ce qui est intéressant à observer c’est qu’il y a encore deux ans on pensait que «Danse avec les stars» ne pourrait jamais se lancer en France. Maintenant ça y est, la France se met sérieusement aux grandes émissions de divertissement où les célébrités font le show». C’est l’objectif de Fredédic Pedraza qui dirige le département Variétés et divertissement de TF1 Production. «Le but c’est d’assurer un grand spectacle, explique-t-il. L’attrait est double. D’abord voir des stars travailler, affronter des phobies, faire des chutes, des plats, dépasser leur peur, se mettre à nu». S’ils sont tout de même en maillot, les participants, contrairement au jury dans lequel siège Laure Manaudou ou Muriel Hermine, «n’ont aucune aptitude pour cette discipline». Deuxième objectif: «Faire du show, du divertissement». Ce qui nécessite tout autant de travail.

«C’est du vrai boulot»

«Les célébrités françaises sont en train d’intégrer le fait que c’est du vrai boulot, not Villegas. Dans le dernier "Danse avec les stars" on voyait que les finalistes étaient à fond. Aux Etats-Unis, c’est le cas depuis longtemps. Les stars qui participent aux programmes le font très sérieusement, elles sont très pro. Elles préparent leurs vannes, se montrent compétitives». Et acceptent de se plier à certains scénarios. «Cela aussi c’est en train d’arriver sur les programmes français, affirme Villegas, regardez "Le Débarquement" sur Canal + présenté par Jean Dujardin, c’est des stars et du divertissement hyper écrit». Le léger retard français en la matière s’explique, selon, lui par «la difficulté à assumer d’être un amuseur public. Au Japon les amuseurs de télévision professionnels existent depuis très longtemps. Ici on considère souvent ces personnes comme des sous acteurs des sous chanteurs, on ne perçoit pas encore que c’est un métier, même si certains s’y mettent».

Autre spécificité culturelle, «les Français ne pratiquent pas trop le story telling, la dramatisation. Par exemple pour Jean-luc Lahaye, un des participants de «Splash», on raconterait certainement sa sortie de prison et on présenterait cela comme une rédemption». Frédéric  Pedraza, lui, promet plutôt «fous rires et émotion».