Liberté, égalité... Grolandais

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Publié le 23 novembre 2012.

gronniversaire

«Viendez au Groland ! » L'amène slogan devrait retentir haut et fort lors des célébrations du 20e anniversaire de ce pays imaginé par Jules-Edouard Moustic et sa bande pour les besoins de diverses émissions de Canal+. Outre une soirée spéciale, demain dès 20 h 20, avec une foule de sketchs inédits et un double DVD best-of, de nombreux événements sont prévus. En vingt ans, les auteurs de “Groland” sont devenus les promoteurs d'un pays pas si imaginaire que ça. « Dès le début, on a tenu à ce que le Groland existe en vrai, explique Christophe Salengro, interprète du Président. C'est notre force. “Plus belle la vie” n'existe pas en vrai. Et c'est peut-être mieux comme ça d'ailleurs. » Jumelages, festival du film grolandais, expo d'art grolandais, autocollant pour plaques d'immatriculation « GRD », le Groland existe surtout par ses fans. « Tout ça nous dépasse, confirme Benoît Delépine, alias Michael Kael. Il y a des gens qui ouvrent des consulats du Groland de leur propre chef ou s'autoproclame ministre d'un truc farfelu. On adore ça, que ça déborde du cadre. »

Est-ce que tu aimes la poésie ?
« Les premiers castings, on les faisait dans les bistrots, où vivent les vrais Grolandais », se rappelle Christophe Salengro. Aujourd'hui, nombreuses sont les demandes de naturalisation grolandaise reçues à Canal+. « Il suffit de nous envoyer un poème de quelques lignes, même très nul, explique Benoît Delépine. Ce n'est pas un test de français, c'est juste un geste de liberté. » La liberté est le pilier de l'état d'esprit grolandais. Si bien qu'un propos politique se dégage des sketchs potaches, voire carrément vulgaires. « Je ne suis pas un dictateur, chacun prend ses décisions, explique le Président. Dès l'origine, il y a eu une vision anarchiste de Groland. Notre fenêtre de contre-culture fait du bien aux gens en temps de crise. Chez nous, on n'a que des crises de foie ou de rire. » Benoît Delépine renchérit : « On a créé Groland pour s'assurer une forme de liberté, pouvoir écrire nos textes. Et aussi par amour pour notre muse, notre lumière, notre Président Salengro. Les gens se sont emparés de cette liberté originelle. »

Benjamin Chapon
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