Sebastien Cauet lors de la conference de presse de rentree du groupe NRJ le 12 septembre 2012.
Sebastien Cauet lors de la conference de presse de rentree du groupe NRJ le 12 septembre 2012. - GHNASSIA ANTHONY/SIPA

Benjamin Chapon

Si, globalement, les Français écoutent de plus en plus les radios musicales (+1,2% d’audience cumulée en un an), les stations suivent des partitions différentes selon la dernière étude Médiamétrie, dite des 126.000, sur la période septembre-octobre 2012. Il y a d’un côté les radios en gamme montante: RTL2, Chérie FM, NRJ, RFM… D’un autre, celles qui plongent en mode mineur: Fun Radio, Skyrock, Virgin Radio… Jérôme Fourqueray, directeur général de RTL2 et Fun Radio, se félicite du succès de la première et «ne s’alarme pas» de la contre-performance de la seconde. «RTL2 est récompensé de son positionnement clair et constant et réalise son record d’audience absolu depuis sa création.

L’image de la station continue sans cesse de s’améliorer.» Il explique le bond de 0,3% d’audience cumulée en un an par «un bon travail, d’abord» et par un contexte favorable ensuite: «Les gens ont envie de se divertir et de valeurs positives en temps de crise. La musique leur apporte ça.» Comment expliquer, alors, que Fun Radio perde 0,6% d’audience cumulée sur la même période? «Fun Radio se situe dans un segment où la concurrence est très forte, contrairement à RTL 2 qui a une offre musicale, le pop rock, unique sur le marché. Et Fun radio sort de seize vagues Médiamétrie record. Je reste très confiant pour l’avenir de cette station.»

Quid du streaming

Si l’on observe la tendance globale de l’étude, on remarque tout de même une baisse globale des radios dites «jeunes» et une hausse de celles qui visent le public «adulte», si l’on place les auditeurs de NRJ parmi les «adultes»… Chérie FM a ainsi gagné 0,7% d’audience cumulée en un an en recentrant «sa programmation musicale sur l’ADN de la station et ses artistes totémiques», explique Maryam Salehi, Directrice Déleguée de NRJ Group. C'est-à-dire en reconquérant son public senior qui ne va pas, ou peu, écouter de musique sur Internet, contrairement aux plus jeunes.

Néanmoins, Jérôme Fourqueray refuse de voir dans le développement du streaming (écoute de musique gratuitement en ligne) la cause de la baisse d’audience de Fun Radio ou Skyrock, qui vise un public très connecté. «Les flux musicaux qui marchent sur internet sont ceux proposés par les grandes marques historiques que sont les radios. C’est le cas pour RTL2, je pense que ce le sera, à l’avenir pour Fun Radio. On en reparlera dans quelques mois, mais je suis persuadé que le numérique est le meilleur ami du développement de nos radios.» Maryam Salehi n’observe «aucun phénomène de cannibalisme d’un média sur un autre, la radio est un média qui se porte très bien. Avec plus d’un million d’auditeurs quotidiens gagnés en un an.» Elle avance également la bonne forme de NRJ, qui, même si elle repasse derrière RTL, connaît la plus forte progression d’audience sur la période avec +1,1% d’audience cumulée en un an.