Extrait du documentaire «Alma, une enfant de la violence» diffusé par Arte.
Extrait du documentaire «Alma, une enfant de la violence» diffusé par Arte. - ARTE

Anne Demoulin

Plusieurs récits pour une même histoire. Celle d’Alma qui a passé cinq ans dans un des gangs les plus violents du Guatemala. Elle a extorqué, tabassé, tué. Autour de ce témoignage, deux livres, un documentaire télé, une application iPad et Androïd, et un Web-documentaire,  Alma, une enfant de la violence, qui sera disponible sur alma.arte.tv ce jeudi.

 «Les poupées russes»

 «Le phénomène des gangs n’est que la partie émergée de l’iceberg. La violence est omniprésente au Guatemala. Alma est le produit de cette violence», raconte Isabelle Fougère, coréalisatrice du Web-doc avec Michel Dewever-Plana.

Ce dernier, photographe, en fait le sujet d’un livre, L’autre guerre. Un travail de plusieurs années, des centaines de photographies que l’on retrouve dans le film. Et une rencontre, Alma: «Elle a quelque chose de plus, une énergie vitale hors du commun», commente Isabelle Fougère. Au bout d’un an et demi d’échanges, elle accepte de témoigner. Isabelle Fougère et Michel Dewever-Plana en tireront initialement une nouvelle, Alma (Blume).

Tous deux décident alors, avec le soutien de l’agence Vu, d’Arte et d’Alexandre Brachet, le créateur d'Upian, à l’origine de Prison Valley, de réaliser un Web-doc embeddable et  un documentaire de télévision, qui sera diffusé sur Arte le jeudi 1er novembre à 23h15: «Ce projet, c’est un peu comme des poupées russes», plaisante-t-elle.

Un récit interactif

«Nous avons inventé deux narrations pour un même témoignage. D’ailleurs, nous avons travaillé avec deux monteurs différents, un pour le Web, l’autre pour la télé», explique Isabelle Fougère.

Les différences? «Le Web-doc essaye de reproduire l’expérience naturelle du face à face, parfois lorsque quelqu’un vous raconte une histoire, des images vous viennent à l’esprit, c’est ce que nous avons essayé de reproduire.»  Comment? Avec une barre de navigation toujours présente, l’internaute peut afficher des documents, des vidéos, des photographies, les discussions sur le Web centralisées sur un dashboard et les dessins d’Hugues Micol à n'importe quel moment du témoignage. Sur l’application iPad et Androïd. La navigation tactile vient prendre tout son sens pour passer librement de la confession à l’évocation.

«Ce film, pour Alma, c’est une façon de donner du sens à  sa vie, en s’adressant aux jeunes Guatémaltèques tentés d’intégrer un gang», explique la réalisatrice. Pour tous, une occasion de s’interroger sur la violence.