Alain Weill, président du groupe NextRadioTV (BFM, RMC, BFM TV...), le 2 septembre 2011 au Musée du Quai Branly.
Alain Weill, président du groupe NextRadioTV (BFM, RMC, BFM TV...), le 2 septembre 2011 au Musée du Quai Branly. - AFP PHOTO/PIERRE VERDY

A.G.

A peine Canal+ a-t-il obtenu le feu vert du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour racheter Direct 8 (bientôt rebaptisée D8), que la concurrence lui déclare la guerre. La future programmation, dévoilée cette semaine, n’est pas du goût d’Alain Weill, patron du groupe NextRadioTV (BFMTV, RMC). Ce dernier dénonce la reprise de programmes d’iTélé, autre chaîne du groupe dirigé par Bertrand Meheut, pour la matinale de D8, entre 6h et 8h.

«Ce projet, qui n'apporterait aucune nouvelle offre pour le téléspectateur, n'est pas compatible avec les équilibres et le cadre règlementaire de l'audiovisuel», s’insurge Alain Weill dans un courrier adressé au CSA et transmis à la presse. Le patron de BFM TV estime qu’il s’agit d’un «dangereux» précédent, «permettant à un programme de télévision gratuite d'être diffusé simultanément sur deux canaux différents».

Pour lui, cette pratique constitue «une distorsion de concurrence», car elle exonère D8 «du recrutement de dizaines de journalistes et d'investissements qui se comptent en dizaines de millions d'euros alors que dans le même temps, elle fragiliserait l'équilibre des chaînes d'information».

Cité par Le Point, le conseiller du CSA Emmanuel Gabla a déclaré: «Le problème, c'est que ce n'est pas illégal».  Le CSA a toutefois obtenu l'assurance des dirigeants de Canal+ que cette reprise ne serait que «temporaire», le temps de s'organiser autrement. «Nous veillerons à ce que cela reste effectivement temporaire», a prévenu Emmanuel Gabla.

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