Nathalie Laurent: «Chez TF1, on ne fait pas des films pour soi mais pour le public»

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Publié le 16 septembre 2012.

INTERVIEW - La directrice artistique de la fiction de TF1 évoque les orientations la première chaîne en matière de séries et de feuilletons...

Nathalie Laurent, la directrice artistique de la fiction de TF1, livre sa vision du positionnement de sa chaîne au sein des productions de fictions télévisées. Rencontre pendant le festival de fiction TV de La Rochelle.

Le festival TV fiction de La Rochelle, c’est la grande famille de la télé qui fait semblant de s’aimer alors qu’en fait vous êtes en concurrence?

Pas du tout. C’est un moment unique dans l’année, important, qu’on attend avec impatience parce que ça nous permet de rencontrer des gens en dehors de la tour [la tour Bouygues, siège de TF1]. On n’est pas en concurrence. Il y a de la place pour toutes les chaînes car chacun a ses cibles, son public.

Et vous êtes d’accord avec Antoine de Caunes, le président du Jury, pour qui le créneau de TF1 c’est la fiction «classique et populaire»?

Ce n’est pas un gros mot populaire. Oui, nous sommes une chaîne fédératrice et, oui, à TF1 on ne fait pas des films pour soi mais pour le public le plus large possible. Nous, on ne travaille que pour le public.

Vous avez présenté de nouvelles séries, de nouveaux héros en devenir, c’est pour remplacer un «Joséphine ange gardien» vieillissant et aux audiences en baisse?

Il faut quand même se rappeler l’audace que c’était, à l’époque, de dire: on va lancer une série avec un ange gardien et on va prendre Mimie Mathy. C’était quand même une idée merveilleuse, super-moderne et on ne peut pas tout jeter tant que le public reste. «Joséphine» a eu en face la concurrence diabolique de «L’Amour est dans le Pré» ou le démarrage de «Castle» mais les prochains épisodes retrouveront leur public normal. Comme «Une famille formidable», qui a tout de même vingt ans, cela fait partie de ce que j’appelle les doudous de la chaîne, ils font partie de la famille.

Mais on note quand même que désormais vous privilégiez plutôt le format 52 minutes...

Oui, mais on continue quand même le 90 minutes. On n’est pas figé dans un format absolu. En France, il y a une culture du long-métrage et si on nous apporte un 90 minutes qui se justifie, pas de raison de le refuser.

Justement, au sujet de ce que vous acceptez ou refuser, les scénaristes et producteurs disent souvent qu’à TF1, les conseillers de programmes décident trop de tout et ne leur laissent pas assez de libertés…

J’ai une réponse très claire là-dessus. Dans un contexte de concurrence très forte, on est obligé d’être exigeant; si le diffuseur ne l’est pas, le producteur ne le sera pas. Nous on a la connaissance de la chaîne, de ce que l’on veut. C’est quand même le diffuseur qui a une vision globale de la grille, non? Alors j’appelle plus ça un accompagnement, parce que ce qu’on souhaite, c’est faire le meilleur projet, tous ensemble, et que lorsqu’on appelle un producteur le matin après une diffusion, on a envie de lui annoncer de très bonnes nouvelles.

Propos recueillis par Alice Coffin
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