Véhicule des douanes, illustration.
Véhicule des douanes, illustration. - FREDERIC LANCELOT/SIPA

Mickaël Penverne

 C'est déjà Noël sur le port de Fos-Marseille. Les douanes ont fait deux belles prises ces dernières semaines en interceptant 45.000 bouteilles de parfum et plus de 4.300 peluches. Sans leur intervention, ces contrefaçons allaient alimenter le marché parallèle, ou se retrouver en boutique dans certains cas, pour les fêtes de fin d'année. Car très logiquement, les saisies sont en avance sur les saisons.

«On ne voit plus passer de barbecues ou des meubles d'été, explique Alexandra Borghesi, des douanes de Marseille. Par contre, c'est la pleine saison d'approvisionnement pour Noël. Les commerçants sont en train de constituer leur stock de marchandises pour les fêtes de fin d'année». Résultat, la vigilance des douaniers se focalise désormais sur les jouets, les vêtements, ou encore les vins. En attendant les guirlandes électriques – qui ne devraient pas tarder à débarquer sur le port.

Lapins et parfums
 
Début juillet, les douaniers du port de Fos-Marseille ciblent trois conteneurs en provenance de Chine. Les documents commerciaux mentionnent des «flacons de verre» mais les fonctionnaires soupçonnent des flacons de parfum contrefaits. Bonne pioche. Au bout d'une heure de recherche, ils retrouvent plusieurs cartons remplis de parfums de grandes marques. Copiés, évidemment. Hugo Boss, Givenchy, Kenzo, Jean-Paul Gaultier... Au total, 45.000 flacons sont saisis pour une valeur estimée à 2,5 millions d'euros.
 
Un mois plus tard, les douaniers pistent un nouveau bateau chinois. La fouille du navire permet de découvrir des milliers de peluches. 4.320 faux Lapins Crétins dorment ainsi au fond de la cale. Aussitôt contactée, la marque Ubisoft confirme qu'il s'agit de contrefaçons dont la valeur est estimée à 100.000 euros. Les célèbres personnages du jeu vidéo s'ajoutent aux 180.000 objets déjà saisis par les douanes de Marseille depuis le début de l'année. En 2011, 270.000 produits avaient été interceptés.
 
Au doigt mouillé
 
Le port de Marseille est une des trois principales portes d'entrée en France pour les marchandises, avec le port du Havre et l'aéroport de Roissy. Sur les 200 douaniers, environ 80 sont affectés à la recherche des contrefaçons. Tout y passe: vêtements, chaussures, stylos et même articles de bricolage. Pour les intercepter, c'est un peu la méthode du doigt mouillé. «La fraude ne se détecte pas au scanner, précise Alexandra Borghesi. Les agents ciblent les conteneurs en fonction de plusieurs critères comme la provenance ou l'identité de l'importateur. Il faut une accumulation de ces critères pour qu'on intervienne». 75% des produits contrefaits qui arrivent en France viennent aujourd'hui d'Asie.