La sécheresse revient dans les Bouches-du-Rhône

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Publié le 16 août 2012.

ENVIRONNEMENT – Deux cours d'eau du département ont été placés en état d'alerte sécheresse. Les zones irriguées par le Rhône et la Durance ne sont pas encore inquiétées...

Placées en «situation de vigilance» dès le mois d'avril, les Bouches-du-Rhône affrontent une nouvelle fois des fortes températures combinées à un déficit pluviométrique. Comme chaque été, le thermomètre ne descend pas sous les 30°C. Mais ce week-end, les températures devraient atteindre entre 33°C sur le littoral et 38°C dans les terres, selon Météo France. Cette chaleur devrait durer jusqu'au milieu de la semaine prochaine. Pour ne rien arranger, le département n'a pas connu de précipitations significatives depuis 44 jours - excepté un orage le 6 août à Marseille. Résultat: les cours d'eau commencent à souffrir.

Le 6 août, la préfecture a placé l'amont de l'Arc, une rivière qui prend sa source dans le Var et se jette dans l'étang de Berre, en «état d'alerte sécheresse». «Le seuil de 240 litres par seconde a été atteint le 22 juillet», justifie le préfet de Région Hugues Parant dans un communiqué. Le 14 août dernier, c'est au tour de l'Huveaune, un cours d'eau qui court du massif de la Sainte-Baume jusqu'à Marseille, d'être placé en état d'alerte. «Le débit de la rivière à la station de jaugeage témoin de Roquevaire a atteint le seuil de 200 litres par seconde», expliquent les services de l’État.
 
Menaces sur les poissons
 
Sur place, les pêcheurs se tiennent prêts à sauver les poissons. «Pour l'instant, on surveille la situation, explique Luc Rossi, président de la fédération de la pêche des Bouches-du-Rhône. Si on voit que cela se dégrade, on saisira la préfecture pour pratiquer une pêche sélective. Certains poissons peuvent être menacés». Dans l'Arc, c'est le sort de la perche et du gardon notamment qui inquiète ces amateurs, tandis que dans l'Huveaune, c'est la truite et le goujon. «On fera le nécessaire pour les sauver, soupire Luc Rossi. Mais on ne pourra pas sauver le reste du biotope, notamment les invertébrés».
 
Pour les collectivités et les particuliers qui prélèvent dans ces cours d'eau, il est désormais interdit d'arroser les plantations agricoles, les pelouses et les espaces verts, de laver les véhicules, de nettoyer les routes, les trottoirs, les façades, les terrasses et de remplir les piscines. Ces mesures de restriction ne concernent pas les zones urbaines et agricoles qui sont alimentées par le Rhône et la Durance, c'est-à-dire l'essentiel du département.
 
Stress hydrique
 
Dans la plaine du Crau, une zone très aride, la situation est sous contrôle. «Il n'y a pas eu d'alerte de la commission exécutive de la Durance, explique Didier Tron, directeur du Comité de foin de Crau. Cela veut dire que tout est normal. De toute façon, on approche de notre dernière coupe. Il faut qu'on tienne jusqu'aux environs du 20 août. Après, ce sera bon».
 
Du côté de Tarascon, ce n'est pas tant la sécheresse que l'on craint que le feu. «On rentre dans une phase hypersensible compte tenu de l'état général du milieu, souffle Philippe Chansigaud, oléiculteur et membre de la Confédération Paysanne. Cela fait deux mois et demi qu'il n'a pas plu. On se retrouve donc avec un massif en stress hydrique».
 
Depuis le début de l'été, le risque d'incendie dans certaines zones du département des Bouches-du-Rhône varie entre 4 et 5. Sur une échelle qui va de 1 à 6.
Mickaël Penverne
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