Une vingtaine de personnes travaillent sur le site pour remettre en route les installations. Près de 8 tonnes de fèves de cacao ont déjà été transformées.
Une vingtaine de personnes travaillent sur le site pour remettre en route les installations. Près de 8 tonnes de fèves de cacao ont déjà été transformées. - P.MAGNIEN/20 MINUTESP.MAGNIEN/20 MINUTES

Caroline Delabroy

Une page se tourne à la chocolaterie de Saint-Menet (11e). Lundi, la grande enseigne barrée de « NetCacao » en lettres bleues a laissé place à la nouvelle, au sommet des silos de la fabrique. On peut désormais y lire : « Chocolaterie de Provence », nom choisi par le nouveau propriétaire du site, le groupe russe ICC. A l'intérieur de l'usine, des sacs de fèves en provenance de Côte d'Ivoire et, perceptibles ici et là, les premières effluves de cacao. Impossible de prolonger la visite, « pour ne pas déranger les opérateurs, qui travaillent à redémarrer l'activité », indique Norbert Sanchez, responsable des travaux généraux et ancien secrétaire du comité d'entreprise (CE) chez NetCacao.

Liqueur, poudre et drops
Depuis deux mois, le site est en phase de pré-démarrage. Une vingtaine de personnes ont été réemployées pour mener à bien cette étape. L'atmosphère est studieuse. « Le travail est trop précieux, on ne peut pas le perdre une troisième fois », déclare Norbert Sanchez. Avec une dizaine d'autres ex-salariés de NetCacao – la plupart sont déjà des anciens de Nestlé –, il a maintenu l'outil de travail depuis la liquidation prononcée le 15 juin 2 011. Avec la conviction que « la volonté de quelques-uns pouvait porter avec succès un projet de reprise. » Les choses ont trouvé une issue positive en février dernier, devant le tribunal de commerce de Marseille. Norbert Sanchez se souvient encore de l'arrivée de deux jeunes Russes au portail de l'usine, à la veille d'une audience devant alors sceller la reprise avec le seul candidat qui s'était jusque-là déclaré, le franco-libanais Socopag. « Notre cœur allait à ce dernier, qui avait de l'expérience dans le métier, mais les Russes apportaient 2,1 millions d'euros », déclare-t-il.
L'activité devrait reprendre début août, avec 45 personnes et la production de liqueur, poudre de cacao et « drops » (petites billes de chocolat). Si le marché russe se développe bien, les effectifs pourraient à terme dépasser ceux de NetCacao (180 salariés). Et la Chocolaterie de Provence lancer sa propre marque de plaquettes de chocolats.