La base de Marignane compte 88 pilotes de bombardiers d'eau.
La base de Marignane compte 88 pilotes de bombardiers d'eau. - P.MAGNIEN / 20 MINUTES

amandine rancoule

Une soixantaine de pilotes de bombardiers d'eau de la base de sécurité civile de Marignane ont manifesté en combinaison de travail orange mercredi matin devant la préfecture. En grève illimitée depuis le 1er juillet, les pilotes réclament davantage de moyens pour la maintenance des avions, soit 10 millions d'euros. Ils sont les seuls en France à voler à bord de douze Canadair, neuf Tracker et deux Dash 8 de la flotte de la sécurité civile. Actuellement seuls sept Canadair, sept Tracker et les deux Dash 8 sont disponibles. Les autres engins sont en maintenance.
« Il faut avertir la population que l'on ne peut pas intervenir convenablement avec de tels moyens, souligne François Tauveron, le délégué du Syndicat national du personnel naviguant de l'aéronautique civile. La flotte n'est pas à son niveau habituel: s'il y a un gros feu, c'est très risqué. » Sur la base de Marignane, quatre Canadair, deux Tracker et un Dash 8 sont prêts à voler si besoin. D'ordinaire, d'autres avions sont prépositionnés pour intervenir rapidement en cas de départ de feux. « En ce moment, la météo est favorable, raconte un pilote. Mais le 1er juillet, nous avons été avertis d'un départ de feu à 13 h en Corse. D'habitude, des avions sont déjà sur place. Là, nous avons mis une heure pour y aller. » Un temps d'intervention jugé trop long. Entre 70 et 80 % des feux sont éteints dès les premiers signes, notamment grâce aux Tracker.
« Une carte des risques de feux est définie par des météorologues au centre opérationel de Valabre, explique François Tauveron. Selon le niveau de risque, des Tracker tournent au-dessus des zones et interviennent si nécessaire. »
Mercredi soir, deux syndicalistes étaient reçus au ministère après une réunion infructueuse lundi. Une nouvelle assemblée générale est prévue jeudi après-midi pour décider de la suite du mouvement.