La réduction de la vitesse devrait aussi faire baisser les accidents de la route.
La réduction de la vitesse devrait aussi faire baisser les accidents de la route.

amandine rancoule

A partir de ce mois-ci, une réduction définitive de la vitesse maximale autorisée, de 90 km/h au lieu de 110 km/h, va être mise en œuvre sur cinq sections d'autoroutes autour de Marseille*. « Nous allons d'abord mettre des panneaux préventifs aux abords des voies concernées », indique la préfecture soulignant une « mesure de santé publique ». Le secteur des transports routiers contribue dans le département à 40 % sur les émissions d'oxydes d'azote, selon un rapport d'AtmoPaca, l'observatoire régional assurant la surveillance de la qualité de l'air.

Huit mois de vie en moins
« Les gains d'émissions de certains polluants peuvent atteindre jusqu'à 20 % sur des tronçons de routes lorsque la vitesse est réduite de manière pérenne de 30 km/h sur des voies initialement limitées à 110 », assure AtmoPaca. « Si on peut faire baisser la pollution avec cette mesure, on roulera évidemment moins vite mais alors pourquoi avoir construit des autoroutes censées nous faire gagner du temps ? » s'interroge un automobiliste habitant hors de la cité phocéenne mais y travaillant. Selon l'Institut de veille sanitaire, 42 000 personnes meurent chaque année en France à cause de la pollution. A Marseille, chaque habitant perdrait huit mois de durée de vie. « Le taux de pollution va diminuer environ de 10 % à 100 mètres autour des secteurs concernés, estime le docteur Patrice Halimi, le secrétaire général de l'association aixoise Santé environnement France. C'est une bonne chose mais je regrette que la mesure n'intègre pas un plan d'ensemble comme privilégier les transports en commun ». A Aix, les habitants utilisent cinq fois moins les transports en commun qu'à Nantes ou Bordeaux, selon lui.