Flavie et Amandine sont en train d'effectuer des prélèvements.
Flavie et Amandine sont en train d'effectuer des prélèvements.

Mickaël Penverne

Elles sont étudiantes et souriantes – surtout devant les caméras. Avec leur petit tube à essai en plastique, Flavie et Amandine effectuent chaque matin des prélèvements d'eau. Les échantillons partent ensuite à la Société d'exploitation du réseau d'assainissement de Marseille (Seram) qui les analyse en trois heures, top chrono. « Dès qu'il y a trop de bactéries, on hisse le drapeau violet, explique Françoise Gaunet-Escarras, adjointe au maire déléguée à l'hygiène. Il y a une vingtaine d'années, les plages marseillaises fermaient 100 jours par an. Il y a deux ans, on est tombé à 25… »

Insuffisances
L'été dernier, les plages ont accueilli environ 2 millions de baigneurs. Cette affluence a forcément un impact sur l'écosystème. Selon l'Agence régionale de la santé (ARS), qui effectue ses propres prélèvements, 4 plages ont des eaux de qualité moyenne (Bonneveine, Sormiou, les Goudes et Huveaune) et une, celle de l'anse des Sablettes, a une eau « pouvant être momentanément polluée ». Les 8 autres ont une eau « de bonne qualité ». « Disons que les choses s'améliorent, reconnaît Lionel Mallet, de la Surfrider Foundation. Le problème, c'est qu'il n'y a aucun contrôle de la qualité physico-chimique de l'eau, c'est-à-dire les hydrocarbures ou les polluants comme les PCB ou les scories. Et puis, il n'y a pas de contrôle permanent. Or, ici, l'activité nautique, c'est toute l'année. » En 2011, les plages ont dû être fermées pendant 69 jours, à cause des fortes pluies. La faute à pas de chance ? Pas pour Victor Hugo Espinosa, de l'association Ecoforum, qui pointe deux carences : l'insuffisance du réseau d'assainissement et le manque de bassins de rétention. « A chaque fois qu'il y a des orages, les eaux usées et les eaux de pluies partent directement à la mer, suffoque Victor Hugo Espinosa. Il est temps d'investir dans ces deux secteurs. »

mégots

La Surfrider Foundation organise samedi sur la plage du Prophète une campagne de ramassage des mégots de cigarettes. En décembre 2011, lors de la dernière opération, à l'escale Borély, environ 14 000 mégots avaient été trouvés en 2 h 30.