Les fermetures de salles sont liées à des plaintes de riverains.
Les fermetures de salles sont liées à des plaintes de riverains. - p. magnien / 20 minutes

mickaël penverne

A Marseille, même les chats s'ennuient la nuit. A six mois des festivités de Marseille-Provence 2013, la ville vient de perdre une nouvelle salle de concert, l'Enthropy, près des Réformés (1er). Et risque d'en perdre une autre avant l'été, El ache de Cuba, derrière le cours Julien (6e). Dans les deux cas, la fermeture est liée, au moins en partie, à des plaintes de riverains contre les « nuisances sonores ».

Une ville « lugubre »
« Il n'y a pas qu'à Marseille qu'on observe cette tendance de la limitation du son, fait remarquer Stéphane Sarpaux, du Off de Marseille 2013. Mais il existe si peu de choses ici qu'on a l'impression que la peau de chagrin se réduit encore ». En février 2011, le Sport Beach, à l'Escale Borély, avait été condamné à un mois de fermeture administrative. Fin 2011, la salle Muzikomania (11e) avait carrément mis la clé sous la porte après une fermeture administrative de 15 jours pour tapage nocturne. « A la sortie d'un concert, une partie du public avait foutu le bordel sous une villa », explique Thierry Borg, le nouveau propriétaire des lieux qui s'appellent désormais L'Espace Pomme. A chaque plainte, contrôle de police ou fermeture d'établissements, les comités d'intérêt de quartier (CIQ) sont pointés du doigt. Accusés de faire pression sur les élus pour imposer un couvre-feu. « C'est un mauvais procès que l'on nous fait, se défend Monique Cordier, présidente de la fédération des CIQ. Si certains de nos adhérents roupètent, nous ne faisons pas de lobbying pour fermer les bars ou les boites ». Pour tenter de calmer les esprits, une charte de la « tranquillité de la vie nocturne » est en cours d'élaboration à la mairie. « Elle rappellera les droits et les devoirs de chacun, précise Caroline Pozmentier, adjointe au maire chargée de la sécurité. Elle n'est pas loin d'aboutir. J'espère pouvoir la présenter avant le début de l'été ».

arrêtés

L'arrêté préfectoral du 22 mai 2000 interdit « tout bruit gênant causé sans nécessité (...) de jour et de nuit ». Un autre arrêté pourrait être pris bientôt pour délimiter des périmètres et des périodes de l'année où les bars pourraient fermer plus tard.