De longues files d'attente. Les électeurs du 7e arrondissement n'ont pas loupé hier le rendez-vous du premier tour des primaires socialistes. « Faut refaire la queue là ? Et merde », lâche une votante, blasée, cartes d'identité et d'électeur à la main. « Elle n'a pas signé la charte, précise un bénévole, qui aide à l'organisation du vote. Mais, dans l'ensemble, les gens ont bien compris les étapes ». Trois mètres plus loin, un autre organisateur propose aux participants ayant déjà voté, d'inscrire leurs coordonnées pour être tenu informé des activités du parti socialiste (PS) jusqu'en mai 2012. « Je veux suivre cette campagne du PS alors que je ne votais plus aux élections présidentielles, assure Daniel, la quarantaine. Mais là, il faut que quelque chose se passe, et vu le monde, je crois que je ne suis pas le seul à le penser », estime-t-il.
A 68 ans, Robert, pull bleu marine et casquette de marin, se déplace « toujours » pour voter, et « toujours pour le PS ». « Je n'ai jamais vu autant de gens, assure-t-il. Ce qui compte, c'est la participation, histoire de faire fermer la bouche de la droite. Je ne crois pas que les affaires de la fédération aient perturbé les gens, surtout après le nettoyage », pense-t-il, guettant l'arrivée de Jean-Noël Guérini, le président du conseil général.
Mis en examen dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux de l'agglomération, le sénateur arrive, décontracté, en jean, chemise et baskets, tandis qu'Eugène Caselli, le président (PS) de MPM, costume clair, quitte discrètement la salle. Deux amabilités aux électeurs plus loin, Jean-Noël Guérini saisit les six bulletins, un rictus amusé aux lèvres au contact de celui d'Arnaud Montebourg, auteur du rapport sur « les dérives » de la fédération des Bouches-du-Rhône. « Certains ont pensé gagner des voix sur mon compte, estime Jean-Nöel Guérini. Mais c'est juste une sauce de politique politicienne, estime-t-il. Ceux qui critiquent la fédération des Bouches-du-Rhône ont fait partie de la majorité pendant 20 ans, voire pendant 30 ans. Quant à ces primaires, ce n'est plus un problème de fédération alors laissons les Français de gauche choisir », conclut-il, préconisant également des primaires de gauche pour les municipales marseillaises de 2014.