«A Marseille, la situation mérite des réponses vigoureuses.» Pour faire tomber la fièvre insécuritaire qui règne dans la cité phocéenne, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a décidé de muscler son traitement. Après avoir visité la Porte d'Aix lundi midi pour constater la future réouverture du parking Vinci et converser avec des commerçants, il a présenté le nouveau préfet de police Alain Gardère. «Non pas pour sanctionner son prédécesseur», comme il le glisse en désignant Gilles Leclair discrètement installé au fond de la salle, mais pour «trouver un nouveau souffle en matière de sécurité, il faut parfois un nouvel homme».
200 CRS «fidélisés»
Et ce nouveau souffle s'accompagne surtout de nouveaux moyens. Il avait annoncé la semaine dernière 139 fonctionnaires de police supplémentaires, mais ce sont finalement 166 policiers de plus d'ici à la fin septembre que prescrit Guéant à la ville. Une annonce jugée insuffisante par les syndicats de police qui estiment qu'il manque entre 300 à 400 fonctionnaires à la cité phocéenne. Son traitement sera aussi dopé par «deux compagnies de CRS qui seront «fidélisées» sur Marseille», ce qui correspond à «200 hommes de plus». Une dernière mesure qui fait tiquer le syndicat SGP Police: «Les CRS, c'est bien pour les manifestations, note Alphonse Giovannini, mais ce qu'il faut, c'est plus de policiers de quartiers, qui entretiennent des relations avec les habitants. » L'autre remède du ministre est de développer une nouvelle méthode de travail « en renforçant la présence de policiers sur la voie publique». Pour Guéant, les rondes de ces patrouilleurs ont permis «une baisse de 50 % de la petite délinquance en juillet sur le territoire national.» Le ministre a aussi profité de sa visite pour défendre la politique sécuritaire du gouvernement, mise à mal par Martine Aubry, elle aussi en déplacement à Marseille lundi (lire ci-dessous), en affirmant qu'entre 2002 et 2010, la délinquance en France avait baissé de 17 %, faisant 500 000 victimes de moins. Il a cependant dû reconnaître que ce recul n'était que de 7,5 % à Marseille. Il reste donc du travail au nouveau préfet pour que la ville retrouve « la sécurité à laquelle les habitants ont droit », selon les vœux de Guéant.