La menace a suffi. Le navire Costa Magica de l'armateur Costa Croisières a choisi hier de se dérouter sur Toulon après l'annonce par la CGT d'un blocage de l'activité croisière à Marseille, a-t-on appris auprès de la direction du port. Les passagers qui devaient embarquer à Marseille ont été pris en charge dans des bus.
«Frapper fort»
Jusqu'en mars, le port de Marseille doit accueillir théoriquement deux escales de croisière par semaine. Soit une capacité hebdomadaire de 5 200 croisiéristes pour la cité phocéenne. Si le mouvement de grève se poursuit, les pertes pourraient s'avérer importantes : hier, le bateau de Costa Croisières affichait un taux de remplissage de 80 %, soit 2 900 passagers en moins pour le port. La CGT veut mettre une forte pression sur l'activité portuaire pour obtenir l'aval du gouvernement sur l'accord syndicat-entreprises concernant la pénibilité. « Beaucoup de militants disent qu'il faut frapper très fort tout de suite », assure Daniel Manca, secrétaire général des dockers CGT.
En plus des croisières, dockers et agents du port doivent observer à partir d'aujourd'hui et jusqu'à lundi des arrêts de travail de 24 heures sur les terminaux marchandises. « Nous alternons les journées entre dockers et agents du port pour pouvoir nous inscrire dans la durée », explique Pascal Galeoté, secrétaire général CGT des agents du port de Marseille. D'autres actions seraient en préparation sur les terminaux pétroliers. Selon l'Union maritime et fluviale (UMF), le mouvement aurait déjà fait perdre jusqu'à 50 % de trafic à certaines entreprises. L'UMF a appelé ses adhérents à avoir recours au chômage partiel après apurement des congés, pour surmonter les éventuelles baisses d'activité liées à la grève.