« On ne quitte en rien le navire syndical », assenait hier Patrick Rué. « Si la semaine prochaine il y a un appel à bloquer le pays, ça repartira dans le domaine de la propreté », estimait Patrick Rué, rappelant que le mouvement était seulement « suspendu » et que « la grève va continuer pleinement dans les autres secteurs » (écoles, crèches…). Il n'empêche, trois jours avant la manifestation interprofessionnelle de jeudi, l'annonce est rude pour les autres syndicats qui poursuivent la mobilisation contre la réforme des retraites. Fo a précipité sa décision hier, devant la menace « d'une réquisition des éboueurs par le préfet aujourd'hui ». Fo est un syndicat « libre et indépendant », aiment à rappeler ses dirigeants. Plutôt que de se voir imposer un retour au travail par le préfet, le syndicat en a pris l'initiative. Avec en guise de sortie de crise, « un plan d'urgence » négocié avec le président Caselli et une décision qui permet à Fo « de garder sa popularité », estime Elie-Claude Argy. Aujourd'hui, l'intersyndicale Cgt/Fsu/Unsa/Cfdt sera donc le dernier « obstacle » à un retour à la normale côté propreté, et en portera donc seule la responsabilité. « Bloquer les centres de stockage, c'est leur seul moyen d'exister… », ironisait Elie-Claude Argy. Jeudi, les rangs de Fo dans la manifestation risquent d'être clairsemés, de l'aveu même du patron de Fo. « C'est un coup dur », reconnaissait un dirigeant départemental de la CGT, tout en se réjouissant que l'opinion demeure majoritairement favorable au mouvement.L.B