SOS jeunes médecins. En Paca, plus de 20 % des généralistes de moins de 45 ans souffrent de détresse psychologique, selon une étude dévoilée hier. Élaborée par l'Inserm, l'observatoire régional de la santé (ORS) et l'union régionale des médecins libéraux (URML), elle porte sur un échantillon de 600 médecins et utilise un questionnaire international permettant d'évaluer fréquence et gravité des symptômes anxio-dépressifs. « Chez les jeunes médecins, on atteint selon le sexe 22 % à 23 % de personnes en détresse », détaille Alain Paraponaris, chargé d'études à l'ORS. Un taux supérieur de 10 points à la moyenne de la population active. « Cela touche essentiellement des médecins en milieu rural ou semi-rural, qui travaillent jusqu'à 75 heures par semaine au lieu de la moyenne de 55 heures des généralistes », note Alain Paraponaris. « Quel que soit le lieu d'exercice, il y a une pression très forte, assure Christiane Giraud, généraliste et présidente pour les Bouches-du-Rhône de la Fédération des médecins de France. Notamment avec la masse de travail administratif à fournir dans le cadre du médecin traitant, de la CMU… Dernièrement j'avais à remplir un dossier de six pages pour un patient, avec 56 questions sur une seule page ! ».
Ville et campagnes confondues, la détresse des médecins aurait un impact sur leur consommation de psychotropes : 27 % des jeunes praticiens de Paca disent en avoir pris dans l'année, contre 15 % pour le reste de la population. Depuis le début 2010, l'UML planche sur la prise en charge des médecins en détresse psychologique ou souffrant d'alcoolisme. Quatre centres de soin ont été créés en France, dont un en Paca, dans des lieux tenus secrets, où les praticiens sont accueillis anonymement, en dehors de leur région d'exercice. « L'objectif est de les sortir de la spirale, à la fois pour eux et la société, qui manque cruellement de médecins », explique le docteur Yves Léopold, membre de l'ordre et président de la commission vie médicale à l'UML. L'initiative a demandé une formation du personnel soignant, notamment des psychiatres. « Ils se retrouvent souvent face à des médecins qui sont encore dans le déni, souligne Yves Léopold. Ce phénomène empêche de prendre la mesure précise du problème. » Une seconde étude, menée cette fois en parallèle avec un échantillon national de généralistes, devrait être menée en 2011.