Défilé de l'UMP, printemps 2010. Vendredi, François Fillon à Marseille, Xavier Bertrand à Carpentras et même Christian Estrosi accourent pour soutenir le candidat de l'UMP en Paca, Thierry Mariani, en difficulté pour le second tour.
Ferry-boat solaire
Mercredi, sur le Vieux-Port, Jean-Louis Borloo, le plus vert des ministres du gouvernement, a tenté le grand écart. Objectif de l'exercice: convaincre les électeurs d'Europe Ecologie (10,9%) de reporter leurs voix sur l'UMP, tout en critiquant leur choix. Après un petit tour de ferry-boat, désormais solaire, au cas ou l'on n'aurait pas bien compris le thème du jour, puis un bain de foule millimétré, Jean-Louis Borloo s'élance. «Le vrai programme du développement durable, c'est le tien, Thierry.» L'intéressé, arrivé en retard, laisse les caméras se focaliser sur le ministre et hoche la tête. «La France a décidé de jouer les énergies de proximité, poursuit l'animateur du Grenelle de l'Environnement, et cette région n'est pas en avance.» Puis vient la question du réacteur de fusion nucléaire Iter, la droite s'inquiétant du soutien de la région, après le rapprochement entre Europe Ecologie et le PS. «C'est le sujet de l'humanité, dixit Jean-Louis Borloo. On va dire aux Européens, aux Coréens, ou aux Japonais qui financent avec nous Iter: “Non, finalement vous n'êtes plus les bienvenus” ?» Peu importe que Europe Ecologie, opposé à Iter, et le président sortant socialiste Michel Vauzelle, se soient rejoints sur un point: d'accord pour les 152 millions de soutien déjà votés, mais pas de crédits supplémentaires. Peu importe aussi que le coût global du projet avoisine les 10 milliards d'euros. «C'est le symbole», élude Jean-Louis Borloo.