Appel tous azimuts : aux électeurs d'Europe Ecologie « dont la moitié ne veut pas d'une alliance » ; aux électeurs du FN dont « on a compris le message » ; et surtout aux 600 000 électeurs de Nicolas Sarkozy qui sont allés à la pêche dimanche. Arrivé en tête au premier tour mais affaibli par un FN fort et théoriquement devancé par une alliance de gauche, Thierry Mariani a répété hier que « rien n'est joué » en Paca.
« Mouvement d'humeur »
« J'ai vécu plusieurs fois la même situation lors de législatives dans le Vaucluse. J'ai gagné à chaque fois », martèle la tête de liste. Car l'UMP n'a pas fait le plein de ses voix en Paca : à la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy avait rassemblé un million d'électeurs dans la région au premier tour. Dimanche, ils n'ont été que 377 000 à voter pour Thierry Mariani. « On progresse en pourcentage par rapport aux régionales de 2004, mais on fait moins de voix. Donc beaucoup de nos électeurs se sont abstenus », avance Renaud Muselier, secrétaire du parti dans les Bouches-du-Rhône. Une désertion que l'UMP assure enrayer en une semaine. « Il ne s'agit pas d'un vote-sanction contre le gouvernement », tranche Christian Estrosi, ministre de l'Industrie et maire de Nice. Talonné par un FN à 20,3 %, Thierry Mariani assure « avoir compris le message ». « Les électeurs veulent nous dire : continuez à vous occuper des questions de sécurité et d'immigration », affirme Thierry Mariani. Mais au second tour, l'UMP les appelle à « voter utile » après ce qu'il qualifie de « mouvement d'humeur ». « Tout ce que veux Le Pen, ce sont des élus pour les parrainages à la présidentielle, tacle Thierry Mariani. Chaque voix qui se porte sur lui est une voix pour Michel Vauzelle. »
Pas de changement de programme
La droite espère même récupérer des électeurs d'Europe Ecologie. « Un sondage publié ce matin montre que la moitié d'entre eux ne veut pas d'alliance au second tour, pointe Christian Estrosi. Ils peuvent se retrouver dans ce que nous avons fait, dans le Grenelle de l'environnement. » Dans la foulée, le ministre de l'Industrie attaque pourtant Laurence Vichnievsky, qui réclame au PS l'arrêt des subventions régionales au projet Iter. « Ce sont des milliers d'emplois directs et indirects pour notre région qui sont remis en cause, une compromission scandaleuse ! », tonne le maire de Nice.
Pour convaincre abstentionnistes, indécis et protestaires, Thierry Mariani mise sur « la continuité de nos listes et de notre programme. Nous n'allons pas changer entre les deux tours, alors qu'à gauche, c'est le marchandage, la grande période de soldes ». Le candidat UMP réclame aussi un débat avec Michel Vauzelle, que celui-ci a jusqu'à présent décliné. « Quand on parle de démocratie participative pendant douze ans et qu'on évite le débat en période électorale, c'est un signe de faiblesse, voire de lâcheté », tacle Renaud Muselier.F. L.