Le juge des référés du tribunal de grande instance de Marseille doit rendre aujourd'hui son jugement concernant l'interdiction d'une affiche électorale du Front national, demandée par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). L'affiche du Front national de la jeunesse présente une femme portant une burqa, entourée de minarets en forme de missiles sur une carte de la France recouverte du drapeau algérien. Elle s'inspire d'une affiche conçue par le parti populiste Union démocratique du centre (UDC), lors du vote en Suisse contre les minarets. Hier, elle était abondamment brandie par les militants du FN, venus assister au meeting de Jean-Marie Le Pen au parc Chanot (8e). « Cette affiche, qui est contre les Algériens et contre la religion musulmane, veut faire peur aux gens, estime Me Michel Pezet, avocat de la Licra. Elle véhicule un climat contre les immigrés qui n'a pas lieu d'être. » Celui-ci souhaite que le tribunal retienne le qualificatif de « trouble manifestement illicite » et l'interdise. « Cette affiche affirme trois choses : non à la burqa, non à l'islamisme, et non à l'emprise algérienne sur notre pays », a indiqué de son côté Jean-Marie Le Pen. Les avocats du FN ont demandé que le juge de Marseille se dessaisisse, une autre plainte ayant été déposée par le Mrap à Paris. Une tentative pour gagner du temps, selon Me Pezet, à une semaine de l'élection.L. B.